Usufruit de titres
L'usufruit de titres est le droit accordé à l'usufruitier d'user des titres de société dont il n'est pas propriétaire et d'en percevoir les fruits — principalement les dividendes distribués. Il résulte d'un démembrement de propriété et se distingue du droit de vote, dont la répartition entre usufruitier et nu-propriétaire est déterminée par les statuts de la société. La valorisation de l'usufruit de titres est une mission spécialisée d'évaluation d'actifs incorporels.
La valeur économique de l'usufruit de titres est la valeur actuelle des dividendes que l'usufruitier percevra pendant son espérance de vie, actualisée à un taux reflétant le risque de la société et le risque de pérennité de la politique de distribution. Elle diffère de la valeur fiscale (barème art. 669 CGI) qui ne tient pas compte du rendement réel de la société. Pour les sociétés à faible distribution ou à dividendes irréguliers, la valeur économique de l'usufruit peut être significativement inférieure à la valeur fiscale — ce qui peut être exploité dans certaines structurations patrimoniales.
Les droits de vote attachés à l'usufruit de titres sont un enjeu de gouvernance déterminant. En droit français, l'usufruitier vote en assemblée générale ordinaire (décisions de gestion courante, approbation des comptes, distribution de dividendes) ; le nu-propriétaire vote en assemblée générale extraordinaire (modifications statutaires, dissolution, fusions). Les statuts peuvent toutefois déroger à cette répartition et attribuer tout ou partie des droits de vote à l'une ou l'autre partie — ce qui est souvent le cas dans les holdings familiales où le fondateur-usufruitier souhaite conserver le contrôle opérationnel.
L'usufruit de titres est également utilisé dans les montages de holding IS pour optimiser la remontée de dividendes : la holding usufruitière perçoit les dividendes des filiales avec le bénéfice du régime mère-fille (exonération à 95 % en France), tandis que le nu-propriétaire bénéficie de la revalorisation des titres sans imposition courante.
Exemple : dans une SA familiale franco-suisse valorisée 4,0 millions CHF générant 200 000 CHF de dividendes annuels, l'usufruit est concédé à la holding IS du fondateur. Valeur économique de l'usufruit (espérance de vie résiduelle 20 ans, taux d'actualisation 7 %) : valeur actuelle des dividendes = 200 000 × ((1-(1,07)^-20) / 0,07) = 200 000 × 10,59 = 2,12 millions CHF — soit 53 % de la pleine propriété, vs 60 % selon le barème fiscal.
Chez Hectelion, nous évaluons les usufruits de titres selon les méthodes économiques et fiscales dans le cadre de missions d'évaluation et de structuration patrimoniale franco-suisse.
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