Term Loan A vs Term Loan B : comment structurer sa dette senior en 2026

Term Loan A ou Term Loan B : deux tranches de dette senior, deux logiques de risque.

Introduction : deux tranches de dette senior, deux logiques de risque

Pourquoi une même dette senior est-elle presque toujours découpée en deux tranches distinctes dans un montage d'acquisition ou de LBO ? La réponse tient en un mot : la base d'investisseurs. Le Term Loan A (TLA) et le Term Loan B (TLB) désignent les deux tranches principales de la dette senior d'un financement structuré : la première, amortissable, est souscrite par des banques commerciales ; la seconde, remboursable in fine, est placée auprès d'investisseurs institutionnels (fonds de dette, CLO).

« Un instrument à maturité longue, à amortissement minimal, avec un remboursement in fine à l'échéance, généralement compris entre cinq et sept ans, avec seulement 1 % d'amortissement annuel pendant la durée du prêt. », Corvid Partners, à propos du Term Loan B.

Trois facteurs rendent ce choix structurant en 2026 : le niveau des taux (Euribor 3 mois à 2,17 % en avril 2026 selon Janus Henderson Investors) pèse directement sur le coût du service de la dette, le marché institutionnel des CLO reste sujet à des phases de fermeture qui redonnent temporairement de la valeur au TLA bancaire, et les prêteurs relationnels franco-suisses continuent d'arbitrer entre discipline de covenants et volume de levier. Cette publication détaille successivement la définition et l'origine de ces deux tranches, les raisons et la méthode de leur combinaison, les situations où y recourir, leurs avantages et limites respectifs, cinq erreurs fréquentes de structuration, deux cas chiffrés (France et Suisse) et les questions les plus courantes des dirigeants sur le sujet.

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Définition : qu'est-ce qu'un Term Loan A et un Term Loan B ?

Le Term Loan A est la tranche de dette senior dite « pro rata », traditionnellement détenue par une ou plusieurs banques commerciales, amortissable de manière significative sur toute la durée du prêt et assortie de covenants financiers testés périodiquement. Le Term Loan B est la tranche dite « institutionnelle », placée auprès de fonds de dette, de CLO (collateralized loan obligations), de compagnies d'assurance et de fonds de pension, dont l'amortissement est nominal et dont le principal est remboursé en une fois à l'échéance.

Selon le cabinet De Brauw Blackstone Westbroek, ces deux tranches se distinguent d'abord par leur profil de remboursement : les Term Loan B « ont une maturité de cinq à sept ans et présentent souvent un amortissement minimal (1 % du principal par an, le cas échéant) avant un remboursement in fine à l'échéance. Ces caractéristiques distinguent le TLB du Term Loan A, qui s'amortit en principe intégralement sur la durée du prêt », De Brauw Blackstone Westbroek. Les deux tranches partagent le même rang de séniorité et les mêmes sûretés au sein de la structure de dette, mais elles ne s'adressent pas au même bassin de prêteurs et n'obéissent pas à la même logique de risque : le TLA privilégie la réduction progressive de l'exposition bancaire, le TLB privilégie la préservation de la trésorerie de l'emprunteur pendant la durée du prêt. Pour une définition condensée des deux tranches, voir la fiche glossaire Term Loan A / Term Loan B d'Hectelion.

En synthèse, le tableau ci-dessous compare les deux tranches sur les six dimensions qui structurent l'arbitrage.

DimensionTerm Loan ATerm Loan B
Base d'investisseursBanques commerciales relationnellesCLO, fonds de dette, assureurs, fonds de pension
AmortissementSignificatif et régulier, souvent trimestrielNominal (environ 1 % par an), solde in fine
Maturité typique5 à 6 ans6 à 7 ans
Coût (marge)La plus basse des deux tranchesPlus élevée, prime de liquidité institutionnelle
CovenantsDe maintenance, testés périodiquementD'incurrence, le plus souvent cov-lite
Flexibilité de trésorerieLimitée dès l'année 1 du fait de l'amortissementPréservée jusqu'à l'échéance

Dans le montage, le TLA apporte la discipline financière et un coût maîtrisé, le TLB la maximisation du levier et la souplesse opérationnelle.

Origine : la scission du marché bancaire et du marché institutionnel

La distinction entre Term Loan A et Term Loan B trouve son origine dans le développement du marché américain des prêts syndiqués à effet de levier au cours des années 1990 et 2000. À mesure que les investisseurs institutionnels, en particulier les véhicules de titrisation de prêts (CLO), sont devenus des acheteurs actifs de dette senior, les arrangeurs ont progressivement séparé la tranche destinée aux banques relationnelles, plus courte et amortissable, de la tranche destinée au marché institutionnel, plus longue et bullet.

Cette architecture s'est diffusée en Europe dans le sillage de la croissance du marché européen des CLO à partir du milieu des années 2000, puis s'est généralisée aux opérations de LBO et d'acquisition mid-market franco-suisses à mesure que les fonds de dette et les CLO européens gagnaient en profondeur. Le marché n'est toutefois pas figé : le dosage entre TLA et TLB fluctue avec les cycles de liquidité institutionnelle. En 2022, lors d'un ralentissement marqué du marché institutionnel européen, White & Case relevait un retour en grâce du Term Loan A, les tranches pro rata représentant alors environ la moitié des émissions européennes de prêts à effet de levier, contre 43 % l'année précédente, un rappel que la répartition entre les deux tranches est un paramètre de marché autant qu'un choix de structuration. Le cycle inverse s'observe en 2026 : après une année 2025 record portée par les refinancements et les repricings opportunistes, les émissions européennes de Term Loan B libellées en euros reculaient d'environ 8 % sur les cinq premiers mois de l'année, à 124,8 milliards de dollars équivalents, signe que le marché institutionnel retrouve un rythme plus mesuré sans pour autant se fermer.

Pourquoi structurer une dette senior en Term Loan A et Term Loan B

Cinq raisons motivent la structuration d'une dette senior en deux tranches complémentaires.

Premièrement, élargir la base de prêteurs disponibles. Les banques commerciales financent le TLA quand les CLO et fonds de dette financent le TLB, ce qui permet de lever un montant total supérieur à ce qu'un seul bassin de prêteurs accepterait seul.

Deuxièmement, maximiser le levier sans consommer la trésorerie de la cible. Le TLB, remboursable in fine, ne pèse que sur le compte de résultat via les intérêts, pas sur la trésorerie disponible pour l'investissement ou le désendettement anticipé.

Troisièmement, équilibrer coût et flexibilité. Le TLA, moins cher, discipline la structure par des covenants de maintenance testés régulièrement, tandis que le TLB, plus onéreux, laisse davantage de marge de manœuvre opérationnelle à l'emprunteur.

Quatrièmement, s'adapter aux conditions de marché du moment. En période de fermeture ou de volatilité du marché institutionnel, le TLA bancaire reste disponible quand le TLB peut devenir plus cher ou plus difficile à syndiquer, et inversement en période porteuse.

Cinquièmement, caler le remboursement sur la génération de cash réelle. L'amortissement contractuel est réservé à la fraction de la dette que l'entreprise peut absorber sans fragiliser son fonds de roulement.

Comment se construit un montage combiné Term Loan A et Term Loan B

La structuration débute par la détermination du levier senior soutenable, généralement exprimé en multiple de l'EBITDA normalisé de la cible, à partir duquel le montant total de dette senior est fixé. Le conseil en structuration détermine ensuite la répartition entre tranche pro rata et tranche institutionnelle en fonction de l'appétit constaté du marché bancaire et du marché des CLO au moment de la levée, ainsi que du profil de risque de la cible. Les marges et la structure de covenants sont ensuite négociées séparément pour chaque tranche, le TLA conservant en général des covenants de maintenance testés trimestriellement quand le TLB se limite le plus souvent à des covenants d'incurrence, déclenchés uniquement par certaines opérations (endettement additionnel, distribution, acquisition).

Le profil d'amortissement de chaque tranche est ensuite calé sur le plan d'affaires prévisionnel de la cible, afin que le service de la dette du TLA reste couvert par les flux de trésorerie disponibles sans recourir à un tirage sur la ligne de trésorerie revolving. La documentation juridique est établie sous la forme d'un contrat de crédit unique à tranches multiples ou de facilités distinctes selon la pratique du marché concerné, avant syndication de chaque tranche auprès de son bassin naturel de prêteurs, banques relationnelles pour le TLA, CLO et fonds de dette pour le TLB.

Cette dernière étape conditionne directement le calendrier de closing, la syndication institutionnelle pouvant s'étendre sur plusieurs semaines selon les conditions de marché. Cette architecture s'inscrit plus largement dans les montages de structuration financière de type LBO, MBO, MBI ou OBO, où la dette senior TLA/TLB n'est qu'une des briques du plan de financement.

Quand recourir à un montage combiné Term Loan A et Term Loan B

Le recours à une structure combinée devient pertinent dans quatre situations.

Premièrement, le montant de dette senior dépasse le seuil qu'un pool bancaire relationnel est prêt à porter seul, généralement au-delà de 20 MCHF ou de 20 M EUR de dette senior dans la pratique franco-suisse mid-market ; en deçà, une facilité bancaire unique suffit le plus souvent.

Deuxièmement, le plan d'affaires prévoit une phase de croissance ou d'investissement capitalistique dans les premières années suivant l'acquisition, période durant laquelle la préservation de trésorerie offerte par la composante TLB devient un atout déterminant.

Troisièmement, le contexte de marché lui-même pousse à ajuster le dosage : en période de resserrement du marché institutionnel, augmenter la part de TLA sécurise la levée quand le TLB serait plus coûteux ou plus lent à placer, tandis qu'en période porteuse, une part de TLB plus importante permet d'optimiser le coût moyen pondéré de la dette.

Quatrièmement, un refinancement de dette existante constitue une occasion naturelle de revisiter le dosage entre les deux tranches à la lumière des conditions de marché du moment, notamment lorsque l'écart de marge entre TLA et TLB s'est resserré ou élargi depuis la mise en place initiale.

Lorsque le marché bancaire et le marché institutionnel sont l'un et l'autre difficiles d'accès, un recours complémentaire à la dette privée peut également être envisagé pour compléter le financement de l'acquisition.

À qui faire appel pour structurer un Term Loan A et un Term Loan B

Trois critères permettent de choisir les bons interlocuteurs.

Premièrement, arranger la tranche pro rata suppose une relation bancaire établie ou l'accès à un pool de banques commerciales actives sur le segment de taille concerné.

Deuxièmement, placer la tranche institutionnelle nécessite l'accès aux investisseurs CLO et fonds de dette, généralement via une banque d'investissement ou un agent de syndication disposant d'un réseau de distribution institutionnel.

Troisièmement, arbitrer le dosage entre les deux tranches, négocier les covenants de façon croisée et assurer la cohérence globale du montage avec le plan d'affaires de la cible relèvent d'un conseil en structuration financière indépendant des banques prêteuses, seul à même de représenter exclusivement les intérêts de l'emprunteur.

Hectelion accompagne les dirigeants et les fonds d'investissement dans la structuration financière de leurs montages de dette senior en France et en Suisse, en toute indépendance économique vis-à-vis des intermédiaires financiers traditionnels.

Cette indépendance permet d'arbitrer objectivement entre TLA et TLB sans conflit d'intérêt lié à la commission de syndication, et d'aligner la structure de dette sur la capacité réelle de remboursement de la cible plutôt que sur l'appétit commercial d'un prêteur donné. Lorsque le financement s'inscrit dans une opération de croissance externe, cet accompagnement se combine naturellement avec un conseil en fusions-acquisitions pour sécuriser l'ensemble de la transaction.

Avantages : coût, flexibilité, profondeur de marché

Le Term Loan A offre un coût de financement inférieur, une relation de long terme avec des prêteurs bancaires disposés à accompagner l'entreprise au-delà du seul service de la dette, et une discipline financière qui rassure les autres parties prenantes du montage.

Le Term Loan B offre, en contrepartie d'une marge supérieure, une préservation de la trésorerie disponible pendant la durée du prêt, un accès à des montants de dette senior plus élevés que ne le permettrait le seul marché bancaire, et une flexibilité contractuelle accrue sur les opérations de croissance externe ou de distribution grâce à des covenants d'incurrence plutôt que de maintenance.

Combinées, les deux tranches élargissent la profondeur du marché accessible à l'emprunteur et permettent de calibrer le coût moyen pondéré de la dette senior en fonction du profil de risque réel de la cible plutôt que de le subir du seul fait de la disponibilité d'un unique bassin de prêteurs.

Limites : covenants, sur-endettement, complexité documentaire

Le Term Loan A impose des covenants de maintenance testés régulièrement, dont la rupture peut déclencher une exigibilité anticipée même en l'absence de défaut de paiement, ce qui réduit la marge de manœuvre opérationnelle de l'emprunteur en cas d'aléa.

Le Term Loan B, à l'inverse, autorise fréquemment l'emprunteur à souscrire une dette additionnelle substantielle, une flexibilité que De Brauw Blackstone Westbroek relève explicitement comme permettant à l'entreprise de se concentrer sur sa croissance plutôt que sur le seul service de la dette, mais qui peut aussi conduire à un sur-endettement si cette capacité additionnelle n'est pas encadrée par le plan d'affaires.

La gestion simultanée de deux syndications aux calendriers et aux bassins de prêteurs distincts complexifie par ailleurs la documentation juridique et allonge potentiellement le délai de closing par rapport à une facilité bancaire unique, un facteur à anticiper dans un calendrier de transaction contraint, au même titre que le choix du mécanisme de closing (Locked-box ou Completion Accounts) qui conditionne également le calendrier et la répartition du risque de l'opération.

Les 5 erreurs à éviter

Erreur 1 : Sous-estimer le poids du service de la dette du Term Loan A dès la première année

Contrairement au Term Loan B, le Term Loan A commence à s'amortir dès les premiers trimestres suivant le closing. Une structuration qui ne vérifie pas que les flux de trésorerie disponibles de l'année 1 couvrent confortablement ce service de dette, capital et intérêts cumulés, expose l'entreprise à une tension de trésorerie précoce, avant même que les synergies ou le plan de croissance post-acquisition n'aient produit leurs effets.

Erreur 2 : Confondre l'absence de covenant de maintenance avec l'absence de risque sur le Term Loan B

Un montage cov-lite ou cov-loose réduit la fréquence des tests financiers mais ne supprime pas le risque de sur-endettement. La capacité d'emprunt additionnel souvent associée au Term Loan B doit être encadrée contractuellement, faute de quoi l'entreprise peut se retrouver avec un levier total supérieur à ce que son plan d'affaires initial anticipait.

Erreur 3 : Négliger le délai et l'incertitude de syndication de la tranche institutionnelle

Le placement du Term Loan B auprès des CLO et fonds de dette suit un calendrier de marché qui n'est pas toujours aligné sur le calendrier de closing souhaité par les parties, en particulier en période de volatilité. Ne pas prévoir de solution de repli, ligne relais bancaire ou allongement temporaire de la part de Term Loan A, expose la transaction à un risque de financement au pire moment de la négociation.

Erreur 4 : Ne pas caler l'amortissement du Term Loan A sur la génération de cash réelle de la cible

Un échéancier d'amortissement calqué sur des standards de marché plutôt que sur le plan d'affaires spécifique de la cible peut créer un décalage entre les échéances contractuelles et la capacité opérationnelle réelle de remboursement, en particulier pour des cibles à forte saisonnalité ou à cycle d'investissement long.

Erreur 5 : Ignorer les options de repricing et de refinancement du Term Loan B en cours de vie

Les marges négociées à l'origine ne sont pas nécessairement optimales sur toute la durée du prêt. Ne pas revisiter périodiquement les conditions du Term Loan B à la lumière de l'évolution des taux de référence et des marges de marché prive l'entreprise d'économies de coût de financement potentiellement significatives sur la durée du montage.

Cas 1 : LBO industriel français avec dette senior TLA/TLB de 27 M EUR

Une PME industrielle française est acquise dans le cadre d'un LBO pour une Enterprise Value de 45 M EUR, sur la base d'un EBITDA normalisé de 9 M EUR, soit un multiple de 5,0x. La dette senior s'élève à 27 M EUR, soit un levier de 3,0x l'EBITDA, financée pour 18 M EUR en fonds propres et quasi-fonds propres du sponsor. La dette senior est structurée en Term Loan A de 15 M EUR (56 %) et Term Loan B de 12 M EUR (44 %).

Le Term Loan A est consenti au taux Euribor 3 mois (2,17 % en avril 2026 selon Janus Henderson Investors) majoré d'une marge de 2,50 %, soit un taux tout compris de 4,67 %. Il est amortissable trimestriellement sur 5 ans, soit un amortissement linéaire de 3,0 M EUR par an, et assorti d'un covenant de maintenance testé trimestriellement (ratio de levier et couverture des intérêts). Le Term Loan B est consenti au taux Euribor 3 mois majoré d'une marge de 4,75 %, cohérente avec la marge de décote moyenne à 3 ans de 496 points de base observée sur l'indice européen WELLI en avril 2026, soit un taux tout compris de 6,92 %. Il est remboursable in fine à 7 ans, avec un amortissement nominal de 1 % par an (0,12 M EUR), et ne comporte que des covenants d'incurrence.

Sur la première année, le service de la dette du Term Loan A s'élève à environ 3,63 M EUR (3,0 M EUR de capital et environ 0,63 M EUR d'intérêts sur un encours moyen de 13,5 M EUR), et celui du Term Loan B à environ 0,95 M EUR (0,12 M EUR de capital et environ 0,83 M EUR d'intérêts sur l'encours de 12 M EUR). Le service de la dette senior totale, 4,58 M EUR, représente environ la moitié de l'EBITDA de 9 M EUR, pour une couverture des intérêts seuls d'environ 6,2x. Cette marge de couverture confortable permet à la cible d'absorber un ralentissement conjoncturel sans risquer de rupture de covenant sur le Term Loan A.

Cas 2 : acquisition suisse structurée en dette senior TLA/TLB de 30 MCHF

Une société de services suisse est acquise pour une Enterprise Value de 60 MCHF, sur la base d'un EBITDA de 10 MCHF, soit un multiple de 6,0x. La dette senior s'élève à 30 MCHF, soit un levier de 3,0x l'EBITDA, structurée en Term Loan A de 18 MCHF (60 %) et Term Loan B de 12 MCHF (40 %), conformément à la pratique de place franco-suisse constatée par Hectelion pour ce type de montage.

Le SARON composé à 3 mois s'établissait à moins 0,04 % début août 2026 selon Bluegamma/SIX, un niveau proche de zéro cohérent avec le taux directeur de la Banque nationale suisse maintenu à 0,00 % depuis mars 2026. Le Term Loan A est consenti à SARON majoré de 2,25 %, soit un taux tout compris de 2,21 %, amortissable trimestriellement sur 6 ans (3,0 MCHF de capital par an). Le Term Loan B est consenti à SARON majoré de 3,00 %, soit un taux tout compris de 2,96 %, remboursable in fine à 7 ans avec un amortissement nominal de 1 % par an (0,12 MCHF).

Le service de la dette de la première année s'élève à environ 3,36 MCHF pour le Term Loan A (3,0 MCHF de capital et environ 0,36 MCHF d'intérêts sur un encours moyen de 16,5 MCHF) et à environ 0,48 MCHF pour le Term Loan B (0,12 MCHF de capital et environ 0,36 MCHF d'intérêts). Le service de la dette senior totale de 3,84 MCHF représente 38,4 % de l'EBITDA de 10 MCHF, pour une couverture des intérêts seuls d'environ 13,9x, un niveau qui reflète le coût de financement quasi nul du marché bancaire suisse en 2026, très inférieur au marché européen en euros où l'Euribor reste positif.

Mot du dirigeant

« Dans notre pratique de la structuration financière, nous constatons régulièrement que le dosage entre Term Loan A et Term Loan B est traité comme un détail d'exécution, réglé tardivement dans le processus de négociation. C'est une erreur : ce dosage détermine directement la résilience du montage face à un aléa opérationnel et sa capacité à financer la croissance de l'entreprise acquise.
Un montage entièrement composé de Term Loan A protège le coût de financement mais impose une discipline de trésorerie stricte dès la première année. Un montage entièrement composé de Term Loan B préserve la trésorerie mais renchérit le coût moyen de la dette et peut ouvrir la porte à un endettement additionnel mal maîtrisé. Entre ces deux extrêmes, le bon dosage dépend presque toujours du profil de génération de cash réel de la cible, pas d'une pratique de marché standard.
Chez Hectelion, notre indépendance vis-à-vis des banques prêteuses nous permet d'arbitrer ce dosage exclusivement dans l'intérêt de l'emprunteur, sans être incités par une commission de syndication à privilégier une tranche plutôt qu'une autre. Nous calons systématiquement l'échéancier d'amortissement du Term Loan A sur le plan d'affaires réel de la cible, et non sur un standard de marché.

Aristide Ruot, Fondateur et Directeur Général, Hectelion SA

FAQ : les 10 questions essentielles sur le Term Loan A et le Term Loan B

Introduction : ce qu'il faut retenir avant les questions

Les questions suivantes reprennent les interrogations les plus fréquentes des dirigeants et des directeurs financiers lorsqu'ils négocient une dette senior structurée en Term Loan A et Term Loan B, du choix du dosage à la gestion du montage en cours de vie.

Q1 : Quelle est la différence essentielle entre Term Loan A et Term Loan B ?

Le Term Loan A s'amortit progressivement sur 5 à 6 ans et est souscrit par des banques commerciales, tandis que le Term Loan B se rembourse pour l'essentiel en une fois à l'échéance, sur 6 à 7 ans, et est souscrit par des investisseurs institutionnels (CLO, fonds de dette).

Q2 : Le Term Loan A est-il toujours moins cher que le Term Loan B ?

En marge de crédit, oui, le Term Loan A porte systématiquement une marge inférieure au Term Loan B pour compenser le risque de liquidité assumé par les investisseurs institutionnels. En coût total sur la durée du prêt, l'écart dépend cependant du profil d'amortissement et du niveau des taux de référence au moment de la mise en place.

Q3 : Peut-on structurer une dette senior avec uniquement un Term Loan B ?

Oui, c'est une pratique courante sur les opérations de taille suffisante pour intéresser directement le marché institutionnel, notamment lorsque le sponsor privilégie la préservation de trésorerie sur l'ensemble de la durée du prêt et accepte le surcoût associé.

Q4 : Qu'est-ce qu'un covenant-lite et pourquoi le Term Loan B en bénéficie-t-il davantage ?

Un montage covenant-lite ne comporte pas de test financier de maintenance périodique, seulement des covenants d'incurrence déclenchés par certaines opérations. Le Term Loan B en bénéficie plus souvent car les investisseurs institutionnels, moins contraints par les ratios prudentiels bancaires, acceptent un contrôle contractuel plus souple en contrepartie de la marge supérieure perçue.

Q5 : Qui souscrit un Term Loan A et qui souscrit un Term Loan B ?

Le Term Loan A est traditionnellement détenu par une ou plusieurs banques commerciales relationnelles. Le Term Loan B est distribué auprès de CLO, de fonds de dette, de compagnies d'assurance et de fonds de pension, via un processus de syndication institutionnelle.

Q6 : Le dosage TLA/TLB est-il figé pendant toute la durée du prêt ?

Non. Un refinancement, un repricing du Term Loan B ou une opération de croissance externe ultérieure constituent autant d'occasions de revisiter la répartition entre les deux tranches à la lumière des conditions de marché du moment.

Q7 : Que se passe-t-il en cas de rupture de covenant sur le Term Loan A ?

Une rupture de covenant de maintenance peut déclencher une exigibilité anticipée ou ouvrir une renégociation avec les prêteurs bancaires, y compris en l'absence de tout défaut de paiement. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'échéancier d'amortissement doit être calé avec prudence sur le plan d'affaires réel de la cible.

Q8 : Le Term Loan B peut-il être refinancé ou repricé avant échéance ?

Oui, la documentation du Term Loan B prévoit généralement des mécanismes de repricing permettant de renégocier la marge à la baisse si les conditions de marché s'améliorent, sous réserve d'une prime de refinancement anticipé pendant une période initiale (soft call). Cette négociation reste active en 2026 : plusieurs émetteurs européens ont cherché à réduire leur marge en cours d'année, comme MotoGP Sports qui visait une baisse de 275 points de base sur son Term Loan B de 720 millions d'euros.

Q9 : Comment le choix entre TLA et TLB influence-t-il le rendement du sponsor ?

Un dosage plus favorable au Term Loan B augmente le levier total mobilisable pour un même montant de fonds propres, ce qui peut améliorer le taux de rendement interne du sponsor si la cible génère suffisamment de cash pour couvrir un coût de la dette plus élevé, mais accroît le risque en cas de sous-performance.

Q10 : Le montage TLA/TLB est-il adapté aux PME de taille modeste ?

Il devient pertinent au-delà d'un seuil de dette senior généralement observé autour de 20 MCHF ou 20 M EUR dans la pratique franco-suisse mid-market. En deçà, une facilité bancaire unique reste le plus souvent suffisante et plus simple à documenter.

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Conclusion : un dosage à calibrer sur l'entreprise, pas sur le marché

Le Term Loan A et le Term Loan B ne sont pas deux produits concurrents mais deux briques complémentaires d'une même dette senior, chacune répondant à une logique de risque et de coût distincte. Le choix du dosage entre les deux ne relève ni d'un standard de marché ni d'une préférence générique, mais d'un arbitrage propre à chaque cible, calé sur sa capacité réelle de génération de cash et sur son plan de croissance post-acquisition. Une structuration indépendante, qui n'est pas rémunérée par une commission de syndication liée à l'une ou l'autre des tranches, reste le meilleur garant d'un dosage réellement aligné sur les intérêts de l'emprunteur.

Synthèse de l'article

Le Term Loan A est la tranche de dette senior amortissable, souscrite par des banques commerciales, généralement moins chère mais assortie de covenants de maintenance contraignants. Le Term Loan B est la tranche remboursable in fine, placée auprès d'investisseurs institutionnels, plus chère mais plus flexible et moins consommatrice de trésorerie sur la durée du prêt.

Combiner les deux tranches permet d'élargir la base de prêteurs disponibles, de maximiser le levier total sans étrangler la trésorerie de la cible et de caler le profil de remboursement sur la capacité opérationnelle réelle de l'entreprise. Ce montage combiné devient pertinent au-delà d'un seuil de dette senior généralement observé autour de 20 MCHF ou 20 M EUR dans la pratique franco-suisse.

Les cas chiffrés France et Suisse présentés dans cet article montrent qu'un dosage raisonnable, autour de 55 à 60 % en Term Loan A et 40 à 45 % en Term Loan B, permet de conserver une couverture confortable du service de la dette senior par l'EBITDA tout en préservant une marge de flexibilité opérationnelle pour l'emprunteur.

Cinq erreurs de structuration reviennent le plus souvent : sous-estimer le service de dette du Term Loan A dès la première année, confondre l'absence de covenant de maintenance avec l'absence de risque, négliger le délai de syndication institutionnelle, mal caler l'amortissement sur le cash réel de la cible, et ignorer les options de repricing du Term Loan B en cours de vie. Un conseil en structuration indépendant des banques prêteuses reste le meilleur rempart contre ces erreurs.

Sources

Bluegamma, taux composé SARON 3 mois, août 2026
Corvid Partners, Leveraged Loans: Covenants, Structure & Secondary Market Valuation
De Brauw Blackstone Westbroek, comparaison des options de financement pour les emprunteurs à effet de levier
GuruFocus, Europe's $124.8 Billion Loan Market Faces Repricing Rush, juin 2026
HedgeThink, Term Loan A vs. Term Loan B: What's the Difference and Which is Right for Your Business?
Janus Henderson Investors, données de marché sur les prêts européens à effet de levier, avril 2026
S&P Global Ratings, European Leveraged Finance Monthly, mars 2026
White & Case, Debt Explorer, le retour en grâce du Term Loan A

Auteur

Aristide Ruot, Ph.D.
Fondateur | Directeur Général, Hectelion SA