Combien coûte une évaluation de startup ? Prix et honoraires 2026 (France & Suisse)

Intervalles de prix d'une évaluation de startup par stade de développement, facteurs de coût et cas chiffrés.

Introduction : combien coûte réellement une évaluation de startup en 2026 ?

Une évaluation de startup coûte généralement entre 2 000 et 8 000 EUR (5 000 à 10 000 CHF) au stade seed, entre 4 000 et 12 000 EUR (7 000 à 15 000 CHF) en série A, et entre 6 000 et 15 000 EUR (10 000 à 20 000 CHF) dès qu'un cap table à plusieurs catégories de titres impose une allocation par catégorie d'actions, en France comme en Suisse (pratique Hectelion, 2026). Le bon budget dépend d'abord du stade de développement et de la structure du capital, avant la taille de la levée elle-même.

L'évaluation de startup consiste à estimer la valeur des titres d'une jeune société de croissance, généralement non rentable, pour fixer un prix d'entrée lors d'une levée de fonds, calculer le prix d'exercice de BSPCE ou documenter une opération capitalistique. Contrairement à une évaluation d'entreprise établie, elle mobilise des méthodes adaptées à l'absence d'historique rentable : actualisation des flux de trésorerie disponibles aux actionnaires (FCFE) ajustés d'une probabilité de survie, méthode des multiples de transactions comparables, méthode du capital-risque et, pour les projets les plus en amont, options réelles.

Comme le rappelle l'IFRS Foundation dans la norme sur l'évaluation à la juste valeur, reprise par les lignes directrices IPEV pour les investissements en capital-risque :

« La juste valeur est le prix qui serait reçu pour la vente d'un actif lors d'une transaction normale entre des intervenants du marché à la date d'évaluation. », IFRS Foundation, IFRS 13, Évaluation de la juste valeur.

Le marché de l'évaluation de startup reste pourtant difficile à budgéter en 2026. Premièrement, la correction des valorisations technologiques amorcée en 2023 a rendu les investisseurs plus exigeants sur la documentation des hypothèses, un rapport superficiel expose désormais à une renégociation du prix en cours de tour de table. Deuxièmement, la généralisation des BSPCE et des BSA dans les cap tables françaises et suisses impose une allocation de la valeur par catégorie de titres, un exercice que peu de devis couvrent explicitement. Troisièmement, l'intelligence artificielle bouleverse à la fois les méthodes de comparables et le temps de préparation d'un dossier, ce qui polarise le marché entre estimation rapide et rapport formel documenté.

Cet article donne les intervalles de prix en un coup d'œil, détaille ce qui fait varier la facture selon le stade et la structure du capital, explique comment se facture une mission, situe la tarification Hectelion et les tendances 2026, décrit le déroulement et les délais, compare les prestataires, explique comment réduire le coût sans perdre en défendabilité, liste les cinq erreurs qui coûtent cher, illustre le tout par deux cas chiffrés en France et en Suisse, avant de répondre aux dix questions les plus fréquentes, notamment sur les BSPCE.

Le prix d'une évaluation de startup en un coup d'œil : intervalles 2026 par stade

Stade de développementSuisse (CHF)France (EUR)Délai indicatif
Seed ou pré-série A, catégorie d'actions unique5 000 à 10 000 CHF2 000 à 8 000 EUR2 à 3 semaines
Série A, multi-méthodes7 000 à 15 000 CHF4 000 à 12 000 EUR3 à 5 semaines
Série B et plus, ou cap table multi-classes (BSPCE/BSA)10 000 à 20 000 CHF6 000 à 15 000 EUR5 à 8 semaines

Intervalles issus de la pratique Hectelion, 2026, pour des mandats conduits en France et en Suisse, hors taxes et hors débours. Un cap table à plusieurs catégories de titres, actions ordinaires et actions préférentielles, fait basculer la mission dans l'intervalle supérieur, quel que soit le stade de développement.

Le premier étage de ce tableau évolue lui aussi avec l'intelligence artificielle. Les outils de recherche automatisée de transactions comparables et de traitement des indicateurs SaaS, taux de rétention, CAC, LTV, accélèrent la collecte des données au stade seed, ce qui réduit le temps facturé sur cette brique sans changer le jugement professionnel requis pour calibrer le taux d'actualisation ou la probabilité de survie retenue dans le modèle de flux de trésorerie actualisés.

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Trente minutes suffisent pour cadrer le périmètre de votre évaluation de startup et le budget correspondant. Hectelion réalise des missions d'évaluation de startup en France et en Suisse, pour des sociétés en amorçage comme pour des séries B, seul ou en appui de votre levée de fonds.

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Avant d'entrer dans le détail du budget d'une évaluation de startup, sachez qu'Hectelion a développé Acontos, un outil en ligne d'audit, de due diligence et d'évaluation d'entreprise, propulsé par l'intelligence artificielle Claude Sonnet 5 d'Anthropic et calibré par la méthodologie d'Hectelion.

À partir de vos comptes, il produit en quelques minutes une première estimation de la valeur de vos titres, gratuitement et sans conserver aucun document. Lancez le simulateur de valorisation pour obtenir un ordre de grandeur, puis poursuivez votre lecture pour comprendre ce que coûte, et ce que couvre, une évaluation de startup formelle.

Ce qui fait varier le prix : stade, méthode retenue, structure du capital

Premièrement, le stade de développement. Une société seed pré-revenus, encore proche de l'idée ou du prototype, se valorise principalement par la méthode Berkus ou la méthode Scorecard, deux approches qualitatives rapides à mettre en œuvre. Une phase de développement plus avancée, avec un chiffre d'affaires récurrent mesurable, ouvre la voie à un DCF par les FCFE et aux comparables de transactions, deux méthodes plus lourdes à documenter.

Deuxièmement, le nombre de méthodes croisées. Une valorisation défendable devant un fonds sérieux ne repose jamais sur une seule méthode : elle croise généralement un DCF ajusté d'une probabilité de survie, la méthode FCFE ou FCFF selon la structure de financement visée, la méthode du capital-risque et, pour les projets deeptech ou biotech à fort contenu technologique, les options réelles. Chaque méthode supplémentaire ajoute du temps de modélisation et de tests de sensibilité.

Troisièmement, la structure du capital. Une société à catégorie d'actions unique se valorise en un seul exercice. Un cap table avec des actions préférentielles, des BSPCE et des BSA-AIR impose une allocation de la valeur d'entreprise entre catégories de titres par un modèle d'évaluation d'options, à l'image de la pratique américaine dite 409A, ce qui multiplie le nombre de calculs et de justifications à documenter. Voir notre service dédié d'évaluation d'instruments financiers.

Quatrièmement, la disponibilité et la qualité des données. Un tableau de bord SaaS à jour, avec taux de rétention, coût d'acquisition client et durée de vie client déjà calculés, réduit le temps de reconstitution. Des données partielles obligent l'évaluateur à les reconstituer, exactement comme pour une due diligence financière classique.

Cinquièmement, la juridiction concernée. Une startup unique, française ou suisse, diffère d'une structure franco-suisse avec une société mère et une filiale, chacune avec son propre cadre comptable et fiscal, notamment sur le traitement des instruments de rémunération en actions.

Enfin, l'urgence. Une term sheet signée avec un closing sous six semaines expose à des honoraires majorés pour un calendrier compressé, pratique de place constante en France comme en Suisse, exactement comme pour toute mission d'évaluation sous contrainte de délai.

Forfait ou régie : comment se facture une mission d'évaluation de startup

Le forfait est la règle en matière d'évaluation de startup : un périmètre défini dans la lettre de mission, un nombre de méthodes à croiser, un prix ferme, un calendrier aligné sur le tour de table. Ce mode de facturation protège les deux parties, le fondateur connaît son budget avant de s'engager, l'évaluateur s'engage sur un livrable précis. La facturation en régie, au taux horaire ou journalier, se rencontre surtout lorsque le cap table n'est pas encore stabilisé au moment du cadrage, en particulier avant la clôture définitive d'un tour à plusieurs investisseurs.

Vérifiez ce que le forfait comprend, c'est la première source de malentendus sur les devis. Sont normalement inclus : le choix et la mise en œuvre des méthodes pertinentes au stade de la société, les tests de sensibilité sur les hypothèses clés, taux d'actualisation, taux de croissance, probabilité de survie, le rapport formalisé et un échange de restitution avec les fondateurs. Sont normalement exclus, et doivent être chiffrés à part : la TVA, les débours, la reconstitution de données manquantes, l'allocation par catégorie de titres si elle n'a pas été anticipée au devis, et l'actualisation du rapport si le closing est reporté au-delà de trois mois.

SAFE et notes convertibles : comment les valoriser avant leur conversion

Un tour de table amorcé par un BSA-AIR, l'équivalent français du SAFE américain, ou une note convertible pose une question d'évaluation particulière : tant que l'instrument n'a pas été converti en actions, la société n'a, en apparence, pas de valorisation fixée pour ce tour. En réalité, deux paramètres négociés dès l'émission déterminent déjà un intervalle de valeur implicite, le plafond de valorisation (cap) au-delà duquel l'investisseur convertit à un prix favorable, et la décote appliquée par rapport au prix du tour suivant si celui-ci se conclut sous le plafond.

Documenter correctement cette mécanique importe particulièrement lorsque plusieurs BSA-AIR ou notes convertibles émis à des dates différentes portent des plafonds différents : au moment de la conversion simultanée lors du tour suivant, chaque instrument convertit à un prix par action distinct, ce qui dilue les fondateurs de façon non uniforme et doit être modélisé instrument par instrument, pas de façon globale. Une évaluation qui ignore cette mécanique de conversion en cascade sous-estime systématiquement la dilution réelle supportée par les fondateurs au moment du tour suivant, un point que les investisseurs institutionnels vérifient sur leur propre modèle avant de signer.

La tarification Hectelion : des honoraires adaptés au stade et au cap table

Une précision s'impose sur le statut des chiffres de cet article : les intervalles de prix mentionnés sont issus de la pratique Hectelion et des observations de marché vis-à-vis de ses concurrents, en France comme en Suisse. Ils décrivent la pratique du marché, non une grille tarifaire figée.

Hectelion adapte sa tarification au stade réel de chaque société, du rapport seed à l'allocation multi-classes d'une série B, en s'appuyant sur une méthodologie multi-méthodes alignée sur les standards IVSC et sur les lignes directrices IPEV pour les investissements en capital-risque. Chaque devis est établi après un entretien de cadrage gratuit, sur la base d'un forfait ferme défini dans la lettre de mission, dans la continuité de notre offre d'évaluation de startup.

Tendances 2026 : correction assumée, cap tables complexes, IA accélératrice

Le marché de l'évaluation de startup connaît une triple évolution en 2026. D'un côté, la correction des multiples technologiques amorcée en 2023 s'est stabilisée, les investisseurs redemandant des hypothèses documentées plutôt que des multiples de croissance extrapolés, une tendance confirmée par le baromètre de France Invest sur le capital innovation.

De l'autre côté, la structure des cap tables se complexifie : la multiplication des catégories d'actions préférentielles et d'instruments convertibles négociés tour après tour impose de plus en plus une allocation formelle de la valeur par catégorie de titres.

Enfin, l'intelligence artificielle accélère le travail préparatoire, sourcing de comparables, premiers calculs de sensibilité, ce qui comprime les délais des rapports seed et tire les honoraires à la baisse sur les missions les plus standardisées, sans réduire le jugement professionnel requis sur les hypothèses de sortie. Voir aussi notre analyse des différences d'évaluation d'entreprise entre la France et la Suisse.

Déroulement et délais : du cadrage au rapport de valorisation

Une mission d'évaluation de startup se déroule en sept étapes, de la signature du mandat à la remise du rapport final, sur une durée totale de deux à huit semaines selon le stade et la complexité du cap table.

  1. Signature du mandat.
  2. Envoi de la liste de documentation.
  3. Échange Q&A avec le dirigeant ou le fondateur de la startup.
  4. Établissement du projet de rapport d'évaluation de la startup.
  5. Échange et présentation du projet de rapport d'évaluation.
  6. Mise en place des corrections avant rendu du rapport final.
  7. Rendu du rapport final.

Le rapport final peut être présenté à de potentiels investisseurs, mais suivant les cas et selon les conditions de la négociation. Le détail des méthodes mobilisées à chaque stade figure dans notre article de référence sur l'évaluation de startup.

Comparer les prestataires : Big Four, cabinets boutiques, plateformes en ligne

Quatre catégories de prestataires réalisent des évaluations de startup, chacune avec ses cas d'usage légitimes.

Les Big Four et grands cabinets d'audit disposent d'équipes dédiées aux valorisations complexes, adaptées aux séries B et C avec plusieurs catégories de titres, à des honoraires généralement supérieurs à l'intervalle seed et série A.

Les cabinets boutiques d'évaluation indépendants, comme Hectelion, appliquent la même rigueur méthodologique, alignée sur les standards IVSC, à des honoraires calibrés pour les stades amorçage et série A, avec une indépendance totale vis-à-vis des fonds investisseurs et des intermédiaires financiers traditionnels.

Les plateformes de valorisation en ligne automatisées offrent un premier ordre de grandeur rapide et peu coûteux, utile pour une négociation informelle, mais rarement suffisant pour documenter le prix d'exercice de BSPCE ou répondre à l'administration fiscale.

Les incubateurs et accélérateurs donnent parfois un premier repère de valorisation lors des demo days, un indicateur de marché utile mais non opposable, à ne jamais confondre avec un rapport formel.

Pourquoi choisir Hectelion parmi ces quatre catégories ? Huit points concrets départagent Hectelion des autres prestataires :

  • Expérience entrepreneuriale : Aristide Ruot a lui-même fondé et dirigé des sociétés, levé des fonds et géré des tensions de trésorerie ; cette expérience directe du risque entrepreneurial et de la gestion de problème, plutôt qu'une lecture purement théorique du dossier, est aujourd'hui la raison principale pour laquelle les fondateurs mandatent Hectelion.
  • Prix : des honoraires calibrés sur le stade réel et la complexité du cap table, sans le forfait d'un grand cabinet appliqué par défaut à un dossier seed ou série A.
  • Savoir-faire : une méthodologie multi-méthodes alignée sur les standards IVSC et les lignes directrices IPEV, conduite par Aristide Ruot, Ph.D.
  • Guichet unique (one-stop-shop) : évaluation, due diligence, M&A, levée de fonds et structuration des instruments financiers (BSPCE, BSA, SAFE) traitées par la même équipe, sans multiplier les prestataires ni les allers-retours de données.
  • Excellence méthodologique : la rigueur d'un grand cabinet sur les tests de sensibilité et l'allocation par catégorie de titres, sans ses délais ni ses honoraires de Big Four.
  • Adaptation au cap table : une couverture native des deux cadres juridiques franco-suisses, utile dès qu'un fondateur ou un investisseur est domicilié de part et d'autre de la frontière, sans mandater deux prestataires distincts.
  • Compréhension de l'entrepreneur : une indépendance totale vis-à-vis des fonds investisseurs et des intermédiaires financiers traditionnels, pour un rapport qui défend l'intérêt du fondateur face au tour de table.
  • Délais maîtrisés : un premier ordre de grandeur en quelques minutes grâce à Acontos, puis un rapport formel livré dans les délais indicatifs annoncés dès le cadrage, de deux à huit semaines selon le stade.

Un point de vigilance : l'évaluateur ne doit pas être partie prenante au tour de table qu'il valorise, ni rémunéré par l'un des investisseurs du tour, un conflit d'intérêt écarté en pratique par tous les cabinets sérieux. Avant de signer, trois questions départagent des devis en apparence comparables : combien de méthodes le devis couvre-t-il nommément, le rapport inclut-il l'allocation par catégorie de titres si le cap table en comporte plusieurs, et le devis couvre-t-il les deux cadres juridiques si les fondateurs et l'un des investisseurs sont domiciliés de part et d'autre de la frontière franco-suisse ? Un prestataire sérieux répond à ces trois questions par écrit sans difficulté.

Comment réduire le coût de votre évaluation sans perdre en défendabilité

Le coût d'une évaluation de startup n'est pas une fatalité : plusieurs leviers réduisent la facture sans jamais sacrifier la profondeur exigée par un fonds sérieux ou par l'administration fiscale.

  1. Premièrement, préparer les indicateurs clés avant de mandater l'évaluateur, ARR, taux de rétention, CAC et LTV déjà calculés, cohortes de clients documentées, évite les heures de reconstitution les plus coûteuses du devis. Notre article sur l'organisation de la data room détaille les documents attendus.
  2. Deuxièmement, utiliser le simulateur Acontos pour objectiver un premier ordre de grandeur avant de mandater un rapport formel, ce qui cadre le périmètre du devis et évite les allers-retours sur des hypothèses irréalistes.
  3. Troisièmement, stabiliser le cap table avant le cadrage de la mission plutôt que de faire évoluer les catégories de titres en cours d'évaluation, ce qui obligerait à reprendre l'allocation entre catégories.
  4. Quatrièmement, anticiper le calcul du prix d'exercice des BSPCE dès le cadrage de la levée plutôt que de le découvrir après la clôture du tour, ce qui évite une seconde mission dans l'urgence.
  5. Cinquièmement, sur un dossier franco-suisse, mandater un seul cabinet capable de couvrir les deux cadres juridiques dans une mission unique plutôt que deux prestataires distincts, qui dupliquent une partie de l'analyse et de la collecte de données.

Aucun de ces leviers ne porte sur le nombre de méthodes croisées ni sur les tests de sensibilité : réduire le coût d'une évaluation de startup se joue sur l'efficacité de la préparation, jamais sur la profondeur du travail exigé par les investisseurs.

Down round et re-pricing : documenter une baisse de valorisation sans fragiliser le cap table

Depuis la correction des multiples technologiques amorcée en 2023, un nombre croissant de tours de table se négocie en dessous de la valorisation obtenue au tour précédent, un down round.

Cette situation exige une rigueur méthodologique supérieure à une évaluation classique, car elle expose l'entreprise à un risque de contestation par les actionnaires historiques et par les bénéficiaires de BSPCE dont le prix d'exercice avait été fixé sur la base de l'ancienne valorisation. L'évaluateur doit alors documenter précisément ce qui, dans les hypothèses, a changé depuis le tour précédent, ralentissement de la croissance, dégradation du taux de rétention, allongement du cycle de vente, plutôt que de se contenter d'appliquer un multiple de marché plus bas sans justification interne.

Sur le plan pratique, un down round déclenche fréquemment des clauses de ratchet ou d'anti-dilution négociées lors des tours précédents, qui ajustent automatiquement le nombre d'actions détenues par les investisseurs historiques ; leur activation doit être modélisée dans le même exercice que la valorisation elle-même, faute de quoi le cap table présenté aux nouveaux investisseurs ne reflète pas la dilution réelle des fondateurs après ajustement.

Les 5 erreurs qui coûtent cher

Erreur 1 : Confondre valorisation pre-money et post-money dans le cadrage du devis

Un fondateur qui communique la valorisation post-money attendue par les investisseurs, sans préciser le montant de la levée, expose l'évaluateur à cadrer sa mission sur un montant qui n'est pas celui à démontrer. Cette confusion, fréquente en début de négociation, retarde le devis et parfois le rapport lui-même.

Erreur 2 : Appliquer un DCF classique sans ajuster la probabilité de survie

Un modèle de flux de trésorerie actualisés calé sur les méthodes d'une entreprise établie, sans intégrer de probabilité de survie sur les flux futurs, surestime systématiquement la valeur d'une jeune société. La méthode développée par Aswath Damodaran pour les jeunes entreprises corrige ce biais en pondérant les flux par un scénario de survie plutôt qu'en gonflant artificiellement le taux d'actualisation.

Erreur 3 : Négliger l'allocation de valeur entre catégories de titres

Un cap table avec des actions préférentielles et des BSPCE valorisé comme s'il n'existait qu'une seule catégorie de titres surestime la valeur des actions ordinaires, et donc le prix d'exercice des options de collaborateurs. Ce point expose l'entreprise à un redressement si l'administration fiscale considère le prix d'exercice sous-évalué.

Erreur 4 : Choisir le prestataire le moins cher sans vérifier son indépendance

Un devis attractif qui ne mentionne pas de déclaration d'indépendance formelle, ou qui provient d'un conseil rémunéré par l'un des investisseurs du tour, expose à une valorisation contestée par les autres actionnaires ou par un contre-expert lors d'un tour ultérieur.

Erreur 5 : Se contenter d'une estimation en ligne pour un dossier BSPCE

Un simulateur gratuit donne un ordre de grandeur utile pour négocier, mais ne documente ni les hypothèses ni l'allocation entre catégories de titres exigées pour fixer un prix d'exercice de BSPCE défendable. Budgétiser uniquement l'estimation en ligne revient à découvrir le coût du rapport formel après la clôture du tour.

Cas 1 : levée de série A d'une SaaS RH française, évaluation à 5 000 EUR

Cas construit à titre pédagogique sur les pratiques de marché observées.‍

Société E SAS, éditeur d'une plateforme SaaS de gestion des recrutements, Île-de-France. Chiffre d'affaires récurrent annuel de 1,4 M EUR, taux de rétention net de 118 %. Levée visée de 5 M EUR, valorisation pre-money proposée par les fondateurs de 20 M EUR. Cap table à catégorie d'actions ordinaires unique avant l'opération, sans BSPCE en cours d'attribution.

Le devis s'établit à 5 000 EUR, dans le bas de l'intervalle série A de 4 000 à 12 000 EUR, en raison de la catégorie de titres unique et de la disponibilité immédiate des indicateurs SaaS. La mission se déroule en quatre semaines et croise un DCF par les FCFE ajusté d'une probabilité de survie, la méthode des multiples de transactions comparables sur des SaaS RH européens, et la méthode du capital-risque pour tester la cohérence de la valorisation de sortie visée par les investisseurs.

Cas 2 : série A d'une deeptech suisse à cap table multi-classes, évaluation à 18 000 CHF

Cas construit à titre pédagogique sur les pratiques de marché observées.‍

Société F SA, deeptech en robotique médicale, canton de Vaud. Produit en phase clinique, pré-revenus. Levée visée de 8 MCHF en série A, valorisation post-money visée de 28 MCHF. Cap table à trois catégories de titres, actions ordinaires, actions préférentielles seed et actions préférentielles série A à émettre, avec un plan d'options de collaborateurs à réévaluer pour fixer le prix d'exercice.

Le devis s'établit à 18 000 CHF, dans l'intervalle multi-classes de 10 000 à 20 000 CHF, du fait du nombre de catégories de titres et de la modélisation du pipeline clinique. La mission se déroule en sept semaines et combine une valorisation par options réelles du pipeline en développement avec une allocation de la valeur entre catégories de titres par un modèle d'évaluation d'options, à l'image de la pratique américaine dite 409A, pour déterminer la valeur des actions ordinaires sous-jacentes au plan d'options.

Mot du dirigeant

« On me demande souvent : pourquoi une évaluation de startup coûte-t-elle 3 000 EUR chez l'un et 12 000 EUR chez l'autre pour un stade comparable ? La réponse tient rarement au prestataire, elle tient au nombre de méthodes croisées et à la structure du cap table. »
« Un devis trop bas cache presque toujours une impasse : une seule méthode retenue, pas de test de sensibilité, ou une allocation entre catégories de titres purement et simplement ignorée alors que le cap table en comporte plusieurs. »
« Le bon réflexe n'est pas de comparer des prix, c'est de comparer des périmètres. Une évaluation complète coûte plus cher qu'une évaluation incomplète, et coûte toujours moins cher qu'un redressement sur un prix d'exercice de BSPCE sous-évalué. »

Aristide Ruot, Ph.D.
Fondateur | Directeur général, Hectelion SA

FAQ : les 10 questions essentielles sur le prix d'une évaluation de startup

Introduction : ce qu'il faut retenir avant les questions

Le prix d'une évaluation de startup dépend d'abord du stade de développement et de la structure du capital, avant la taille de la levée elle-même. Les questions suivantes répondent aux interrogations les plus fréquentes des fondateurs et des directions financières en France et en Suisse.

Q1 : Combien coûte une évaluation de startup ?

Entre 2 000 et 8 000 EUR (5 000 à 10 000 CHF) au stade seed, 4 000 à 12 000 EUR (7 000 à 15 000 CHF) en série A, et 6 000 à 15 000 EUR (10 000 à 20 000 CHF) dès qu'un cap table multi-classes impose une allocation par catégorie de titres (pratique Hectelion, 2026).

Q2 : Combien coûte une évaluation pour une levée de fonds en amorçage ?

Au stade seed, l'intervalle se situe entre 2 000 et 8 000 EUR ou 5 000 à 10 000 CHF, la méthode Berkus ou Scorecard suffisant généralement à documenter une valorisation pré-revenus sur un cap table simple.

Q3 : Combien coûte une évaluation de startup chez Hectelion ?

Chez Hectelion, une évaluation de startup se situe dans les mêmes intervalles par stade, ajustée au nombre de méthodes et à la structure du cap table. Prendre rendez-vous pour un devis précis.

Q4 : Le prix d'une évaluation de startup est-il négociable ?

Le périmètre l'est davantage que le prix lui-même. Réduire le nombre de méthodes croisées ou l'allocation entre catégories de titres fait baisser le devis, mais fragilise le rapport face aux investisseurs ou à l'administration fiscale.

Q5 : Qui paie l'évaluation, la startup ou les investisseurs ?

La startup mandate et paie généralement l'évaluation, y compris lorsque l'initiative vient d'un investisseur souhaitant objectiver le prix du tour. Certains investisseurs institutionnels partagent ce coût dans le cadre de leurs frais de due diligence, une clause à négocier dans la term sheet.

Q6 : Faut-il une évaluation formelle pour fixer le prix d'exercice des BSPCE ?

Une évaluation documentée, incluant l'allocation de la valeur entre catégories de titres, est fortement recommandée dès qu'un plan de BSPCE ou de BSA-AIR est attribué, à l'image de la pratique américaine du 409A. Elle protège l'entreprise et les bénéficiaires en cas de contrôle ultérieur.

Q7 : Une estimation en ligne comme Acontos suffit-elle pour lever des fonds ?

Elle donne un ordre de grandeur utile pour préparer la négociation, mais ne documente pas les hypothèses ni l'allocation entre catégories de titres attendues par un investisseur institutionnel ou par l'administration fiscale pour un plan de BSPCE.

Q8 : Combien de temps pour obtenir un rapport d'évaluation de startup ?

Deux à trois semaines au stade seed, trois à cinq semaines en série A, cinq à huit semaines lorsque le cap table comporte plusieurs catégories de titres à allouer. Un devis indicatif peut être transmis sous quarante-huit heures.

Q9 : Pourquoi une évaluation multi-classes d'actions coûte-t-elle plus cher ?

Parce qu'elle exige un modèle d'allocation de la valeur entre catégories de titres, actions ordinaires et préférentielles, en plus de la valorisation d'ensemble, ce qui multiplie le nombre de calculs, de tests de sensibilité et de justifications à documenter dans le rapport.

Q10 : Le coût d'une évaluation de startup est-il déductible fiscalement ?

Le traitement fiscal des honoraires dépend de la juridiction et du contexte de la mission, frais liés à une levée de fonds ou charge déductible de l'exercice. Ce point relève du conseil fiscal, à valider avec votre expert-comptable avant la mission.

Estimez la valeur de votre startup avec Acontos, le simulateur en ligne d'Hectelion

Pour prolonger cette lecture par un chiffrage concret, Hectelion met à disposition Acontos, son outil en ligne d'audit, de due diligence et d'évaluation d'entreprise. Propulsé par l'intelligence artificielle Claude Sonnet 5 d'Anthropic et calibré par la méthodologie d'Hectelion, il lit vos comptes, normalise les indicateurs disponibles et applique des méthodes adaptées aux jeunes sociétés pour estimer la valeur de vos titres en quelques minutes. Lancez gratuitement le simulateur de valorisation : l'outil est confidentiel, ne conserve aucun document et ne remplace pas une évaluation formelle, mais il donne un premier ordre de grandeur utile pour préparer la négociation d'un tour de table avant d'en discuter avec nos équipes.

Conclusion : le prix d'une évaluation de startup se lit dans le stade, pas dans le devis seul

Le coût d'une évaluation de startup n'est pas un chiffre isolé, c'est le reflet d'un stade de développement, du nombre de méthodes à croiser et de la structure du cap table. Pour une startup en amorçage ou en série A, l'intervalle de 2 000 à 12 000 EUR ou 5 000 à 15 000 CHF couvre la grande majorité des dossiers, les cap tables multi-classes le dépassant. Comparer des devis suppose de comparer des périmètres identiques, pas seulement des montants, exactement comme pour toute mission d'évaluation d'entreprise.

Synthèse de l'article

Une évaluation de startup coûte entre 2 000 et 8 000 EUR (5 000 à 10 000 CHF) au stade seed, 4 000 à 12 000 EUR (7 000 à 15 000 CHF) en série A, et 6 000 à 15 000 EUR (10 000 à 20 000 CHF) dès qu'un cap table à plusieurs catégories de titres impose une allocation par catégorie d'actions, en France comme en Suisse.

Le prix varie selon six facteurs : le stade de développement, le nombre de méthodes croisées, la structure du capital, la disponibilité des données, la ou les juridictions concernées et l'urgence liée au calendrier du tour de table. Les deux cas chiffrés l'illustrent : 5 000 EUR pour une série A française à catégorie d'actions unique et données complètes, 18 000 CHF pour une série A suisse deeptech à cap table multi-classes valorisée par options réelles et allocation par catégorie de titres. Plusieurs leviers permettent de réduire cette facture sans perdre en défendabilité : préparer les indicateurs clés en amont, utiliser Acontos pour un premier cadrage, stabiliser le cap table avant le mandat et anticiper le calcul du prix d'exercice des BSPCE.

Comparer les prestataires suppose de vérifier l'indépendance vis-à-vis des investisseurs du tour, le nombre de méthodes couvertes et la prise en compte de l'allocation entre catégories de titres, au-delà du seul montant du devis. Hectelion réalise des missions d'évaluation de startup en France et en Suisse, pour des sociétés de l'amorçage à la série B, en toute indépendance vis-à-vis des intermédiaires financiers traditionnels.

Sources

Auteur

Aristide Ruot, Ph.D.
Fondateur | Directeur Général, Hectelion SA