Pre-money vs post-money : quelle valorisation gouverne une levée de fonds ?
Le post-money, pas le pre-money, fixe le pourcentage réel d'un investisseur.

Introduction : pre-money vs post-money, quelle valorisation gouverne vraiment une levée de fonds ?
Deux chiffres suffisent à faire capoter une négociation de levée de fonds : la valorisation pre-money annoncée par l'investisseur et la valorisation post-money qui en résulte une fois les fonds injectés. La confusion entre les deux n'est pas un détail sémantique, elle change directement le pourcentage du capital que les fondateurs conservent à l'issue du tour.
La valorisation pre-money est la valeur retenue pour l'entreprise avant l'entrée des nouveaux investisseurs, tandis que la valorisation post-money correspond à cette même valeur augmentée du montant effectivement levé. La relation est arithmétique et non négociable une fois les deux premiers termes fixés : post-money égale pre-money plus montant investi.
« L'ampleur de la dilution subie par un actionnaire existant dépend directement du mode de calcul retenu, pre-money ou post-money, pour fixer le prix d'émission des titres nouveaux. », pratique de marché du capital-risque, telle que documentée par Y Combinator pour son contrat type.
Trois facteurs rendent cette distinction plus sensible qu'il n'y paraît en 2026. Premièrement, la généralisation des instruments convertibles, SAFE aux États-Unis et BSA-AIR en France, a introduit des plafonds de valorisation (caps) dont la base de calcul, pre-money ou post-money, change radicalement le pourcentage obtenu par l'investisseur à la conversion. Deuxièmement, la pratique du pool d'options créé avant le tour, ou option pool shuffle, fait porter une dilution supplémentaire sur les seuls actionnaires existants sans que la valorisation pre-money affichée ne le reflète explicitement. Troisièmement, l'empilement de plusieurs instruments convertibles successifs sur une même société rend le calcul de la dilution totale de plus en plus difficile à anticiper sans modélisation rigoureuse du capital.
Cet article détaille la définition, l'origine et le mode de calcul du pre-money et du post-money, explique pourquoi Y Combinator a changé la convention de son SAFE en 2018, décortique le mécanisme de l'option pool shuffle, puis illustre ces notions par deux cas chiffrés, une Série A française et une levée seed suisse en BSA-AIR, avant de répondre aux dix questions les plus posées par les fondateurs et investisseurs sur le sujet.
- Pre-money : valeur de l'entreprise retenue avant l'entrée des nouveaux fonds dans le tour de table.
- Post-money : pre-money augmenté du montant effectivement levé, base du calcul du pourcentage de l'investisseur.
- Cap table : tableau de répartition du capital entre tous les actionnaires, fondateurs, investisseurs et détenteurs d'options.
- Option pool shuffle : création d'un pool d'options avant le tour, qui dilue les seuls actionnaires existants et non le nouvel investisseur.
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Définition : qu'est-ce que la valorisation pre-money et la valorisation post-money ?
La valorisation pre-money est le montant que cédant, c'est-à-dire ici les actionnaires existants, et investisseur s'accordent à attribuer à l'entreprise avant l'injection des fonds nouveaux. Elle sert de base au prix par action des titres nouvellement émis, calculé en divisant le pre-money par le nombre de titres existants avant le tour. La valorisation post-money, elle, est une conséquence mécanique de la précédente : elle correspond au pre-money augmenté du montant levé, et c'est elle, et non le pre-money, qui détermine le pourcentage du capital que l'investisseur détient réellement après l'opération, puisque ce pourcentage s'obtient en divisant le montant investi par le post-money.
Un même chiffre affiché dans un term sheet peut ainsi se lire de deux façons opposées : un investissement de 2,0 M€ annoncé sur une valorisation de 10,0 M€ donne à l'investisseur 16,7 % du capital si ces 10,0 M€ sont lus en pre-money, le post-money réel s'élevant alors à 12,0 M€, mais 20,0 % si ces mêmes 10,0 M€ sont en réalité le post-money, l'écart entre les deux lectures représentant plus de trois points de pourcentage sur la seule base d'un chiffre identique et d'un même montant investi.
Cette relation devient sensible dès qu'un term sheet prévoit la création d'un pool d'options avant le tour : la valorisation pre-money annoncée inclut alors ce pool, ce qui réduit d'autant la part effective des actionnaires existants sans que le chiffre du pre-money ne le signale explicitement. C'est pourquoi la lecture d'un term sheet ne peut jamais se limiter au seul chiffre du pre-money affiché, elle doit systématiquement intégrer le traitement du pool d'options et le nombre total de titres pleinement dilué retenu pour le calcul.
Définition rapide : le pre-money en une phrase
Le pre-money est la valeur attribuée à l'entreprise avant l'entrée des fonds nouveaux, base du prix par action des titres émis lors du tour.
Définition rapide : le post-money en une phrase
Le post-money est le pre-money augmenté du montant levé, et c'est ce chiffre qui détermine le pourcentage réel du capital détenu par le nouvel investisseur.
Origine : d'où vient la distinction pre-money et post-money ?
La distinction elle-même est aussi ancienne que la pratique du capital-risque : toute levée de fonds par émission d'actions nouvelles a toujours nécessité de fixer un prix par action, lui-même dérivé d'une valorisation de référence avant l'opération. La terminologie pre-money et post-money s'est standardisée dans l'écosystème du capital-risque nord-américain à partir des années 1980 et 1990, à mesure que les cabinets d'avocats spécialisés et les fonds structuraient des term sheets de plus en plus formalisés pour les tours de série A et suivants.
La distinction a pris une importance nouvelle avec la généralisation des instruments convertibles pour les levées d'amorçage. L'accélérateur américain Y Combinator a largement contribué à diffuser le SAFE (Simple Agreement for Future Equity) à partir de 2013, un instrument qui différait un prix par action à un tour ultérieur tout en fixant un plafond de valorisation. Or ce plafond pouvait initialement être exprimé en base pre-money, ce qui rendait le pourcentage final de chaque investisseur imprévisible dès qu'un même tour comportait plusieurs SAFE. En France, le BSA-AIR (Accord d'Investissement Rapide), équivalent français du SAFE, a repris une logique de plafond et de décote analogue, adossée juridiquement au régime des valeurs mobilières donnant accès au capital de l'article L.228-91 du Code de commerce.
Pre-money vs post-money : pourquoi le SAFE a changé de convention en 2018 ?
Y Combinator a changé en 2018 la convention de son contrat type de SAFE, passant d'un plafond de valorisation exprimé en pre-money à un plafond exprimé en post-money. Selon la documentation officielle de l'accélérateur, ce choix vise à ce que « the amount of ownership sold is immediately transparent and calculable for both the founder and the investor », puisque le plafond post-money intègre déjà l'ensemble des montants levés par SAFE dans le même tour. Avec un plafond pre-money, chaque SAFE émis dilue les autres SAFE déjà signés sans que leurs souscripteurs ne puissent connaître leur pourcentage final avant la clôture complète du tour ; avec un plafond post-money, chaque investisseur connaît son pourcentage dès la signature, puisque le plafond « post » tient déjà compte de tous les montants levés par SAFE, à l'exclusion du nouveau pool d'options et du nouvel argent du tour suivant.
Cette clarté a toutefois un revers documenté par les praticiens du financement de startups : un plafond post-money fait porter la totalité de la dilution liée aux SAFE du tour sur les seuls fondateurs, alors qu'un plafond pre-money la répartissait, par construction, entre les différents souscripteurs de SAFE. Le choix de la convention n'est donc pas neutre pour les fondateurs, et doit être négocié en connaissance de cause plutôt qu'accepté comme une simple clause de style reprise d'un contrat type.
Pourquoi la confusion pre-money et post-money coûte-t-elle cher aux fondateurs ?
- Elle conduit à accepter un pool d'options inclus dans le pre-money sans en mesurer l'effet réel sur la part des actionnaires existants, qui absorbent seuls la dilution correspondante.
- Elle empêche de comparer deux term sheets concurrents sur une base homogène lorsque l'un exprime son plafond en pre-money et l'autre en post-money.
- Elle fausse la perception de la progression de valeur entre deux tours successifs, un post-money de clôture d'un tour devenant mécaniquement le pre-money de référence du tour suivant.
- Elle complique l'anticipation de la dilution cumulée lorsque plusieurs instruments convertibles, SAFE ou BSA-AIR, sont empilés avant un tour de financement en actions.
- Elle expose à des désaccords de calcul avec les investisseurs au moment de la conversion des instruments, chaque partie pouvant avoir raisonné sur une base différente sans l'avoir explicité au contrat.
Comment se calcule la dilution d'un tour de table ?
- Déterminer le nombre total de titres existants avant le tour, en incluant les options déjà attribuées et non les seules actions émises.
- Négocier la valorisation pre-money et vérifier explicitement si elle inclut ou non la création d'un nouveau pool d'options.
- Calculer le post-money en ajoutant le montant levé au pre-money ainsi défini.
- Déterminer le prix par action en divisant le pre-money par le nombre de titres existants avant le tour, pool d'options inclus s'il est pre-money.
- Calculer le pourcentage de chaque nouvel investisseur en divisant son investissement par le post-money.
- Reconstituer la cap table complète après l'opération pour vérifier que la somme des pourcentages de toutes les parties, fondateurs, investisseurs historiques, pool d'options et nouveaux investisseurs, égale bien cent pour cent.
Le piège de l'option pool shuffle : comment le pool dilue-t-il deux fois les fondateurs ?
L'option pool shuffle désigne la pratique consistant à exiger la création, ou l'augmentation, du pool d'options destiné aux futurs salariés avant la clôture du tour, et à l'inclure dans la valorisation pre-money plutôt que dans le post-money. Mécaniquement, cette création en amont fait porter l'intégralité de la dilution liée au pool sur les seuls actionnaires existants, le plus souvent les fondateurs, puisque le nouvel investisseur obtient son pourcentage calculé sur un post-money qui intègre déjà le pool, sans en supporter lui-même le coût en dilution.
Un exemple chiffré simple illustre le mécanisme. Pour une valorisation pre-money négociée de 10,0 M€ incluant la création d'un pool d'options de 10 % du capital pleinement dilué post-tour, et une levée de 3,0 M€, le post-money s'établit à 13,0 M€. Le nouvel investisseur obtient 3,0 / 13,0, soit 23,08 % du capital. Le pool d'options représente 10 % du post-money, soit 1,3 M€ en valeur. Les actionnaires existants, fondateurs compris, se retrouvent donc avec 10,0 moins 1,3, soit 8,7 M€ de valeur effective sur un total de 13,0 M€, soit 66,92 % du capital, au lieu des 76,92 % qu'un calcul naïf, ignorant l'imputation du pool sur le seul pre-money, aurait pu laisser espérer. Les fondateurs sont ainsi dilués deux fois, une première fois par la création du pool, une seconde fois par l'entrée du nouvel investisseur.
Quand négocier en pre-money plutôt qu'en post-money ?
| Situation | Base pre-money | Base post-money |
|---|---|---|
| Plafond d'un SAFE ou d'un BSA-AIR | Pourcentage final incertain si plusieurs instruments sont émis | Pourcentage connu dès la signature |
| Qui supporte la dilution du pool d'options | Actionnaires existants seuls | Partagée entre existants et nouvel investisseur |
| Comparaison de plusieurs term sheets | Nécessite de retraiter chaque offre sur une base commune | Comparaison directe si toutes les offres sont post-money |
| Profil type | Fondateur cherchant à ne pas supporter seul le pool | Investisseur cherchant la lisibilité immédiate de son pourcentage |
En pratique, l'enjeu n'est pas de choisir une convention dans l'absolu, mais de s'assurer que le pre-money, le post-money et le traitement du pool d'options sont explicités ensemble dans le term sheet.
À qui faire appel pour structurer une levée de fonds ?
Trois critères permettent de choisir le bon conseil. Premièrement, l'expérience de modélisation de cap table sur des tours comparables, condition indispensable pour chiffrer précisément l'effet d'un pool d'options ou d'un plafond de SAFE avant signature. Deuxièmement, une capacité de valorisation d'entreprise rigoureuse, puisque le pre-money négocié doit pouvoir s'appuyer sur une méthodologie défendable plutôt que sur une simple référence de marché. Troisièmement, une indépendance économique vis-à-vis des intermédiaires financiers traditionnels, pour conseiller objectivement le fondateur sur la convention pre-money ou post-money la plus adaptée à sa situation, sans biais lié à une commission de levée.
Hectelion accompagne ces opérations dans le cadre de son service levée de fonds, en s'appuyant sur une double expertise franco-suisse et sur ses missions d'évaluation de startup pour documenter la valorisation pre-money retenue. Le coût de cet accompagnement, souvent structuré en honoraires fixes et succès, fait l'objet d'un article dédié sur le prix d'une levée de fonds.
Avantages : clarté, alignement, négociation
- La base post-money offre une clarté immédiate sur le pourcentage obtenu par chaque investisseur, ce qui réduit les désaccords de calcul au moment de la conversion d'un SAFE ou d'un BSA-AIR.
- La base pre-money, à l'inverse, laisse au fondateur une marge de négociation sur le traitement du pool d'options, puisque son inclusion ou son exclusion du pre-money reste un point de négociation explicite plutôt qu'une convention imposée.
- Connaître précisément la mécanique pre-money et post-money permet de comparer plusieurs term sheets concurrents sur une base homogène, en retraitant chaque offre selon la même convention avant de les confronter.
- Une cap table reconstituée après chaque tour, pre-money et post-money confondus, sert de référence fiable pour anticiper la dilution des tours suivants, Série A, B et au-delà.
Limites : rigidité, ambiguïté, sur-dilution
- Un plafond post-money, s'il clarifie le pourcentage de chaque investisseur, fait porter l'intégralité de la dilution du tour sur les seuls fondateurs, un effet que la documentation professionnelle de financement de startups identifie explicitement comme pouvant désavantager les fondateurs par rapport à un plafond pre-money.
- Un pre-money annoncé sans précision sur le traitement du pool d'options reste ambigu, et cette ambiguïté ne se révèle souvent qu'au moment de la reconstitution de la cap table, une fois le tour signé.
- L'empilement de plusieurs instruments convertibles avant un tour de série A complique sensiblement la négociation, chaque plafond antérieur devant être retraité en fonction de la convention, pre-money ou post-money, retenue à l'origine.
Les 5 erreurs à éviter
Erreur 1 : Accepter un pre-money sans vérifier le traitement du pool d'options
Signer un term sheet mentionnant un pre-money sans vérifier explicitement s'il inclut ou non la création d'un nouveau pool d'options conduit à sous-estimer la dilution réellement subie par les actionnaires existants, parfois de plusieurs points de pourcentage.
Erreur 2 : Comparer deux term sheets exprimés dans des conventions différentes
Comparer directement un term sheet exprimant son plafond en pre-money et un autre en post-money, sans retraiter les deux offres sur une base commune, conduit à une décision faussée, l'offre apparemment la plus généreuse pouvant se révéler la moins favorable une fois les deux chiffres homogénéisés.
Erreur 3 : Empiler des SAFE ou des BSA-AIR sans modéliser la dilution cumulée
Émettre successivement plusieurs instruments convertibles sans modéliser leur conversion simultanée au tour suivant expose à une dilution cumulée largement supérieure à celle anticipée instrument par instrument, en particulier lorsque les plafonds sont exprimés en base pre-money.
Erreur 4 : Négliger la clause anti-dilution en cas de tour à la baisse
Omettre de négocier une clause d'anti-dilution adaptée expose les actionnaires historiques à une dilution aggravée en cas de tour ultérieur à une valorisation inférieure, le mécanisme de full ratchet étant nettement plus sévère pour les fondateurs que celui de moyenne pondérée.
Erreur 5 : Confondre valorisation pre-money et valeur réelle de l'entreprise
Traiter le pre-money négocié avec un investisseur comme une mesure fiable de la valeur économique de l'entreprise conduit à des erreurs de pilotage, le pre-money étant un prix de négociation influencé par la rareté du tour et l'urgence de financement, non une valorisation issue d'une méthodologie d'évaluation indépendante. Ce chiffre résulte avant tout du stade de maturité de l'entreprise, de la tension concurrentielle entre plusieurs term sheets, des métriques de traction présentées aux investisseurs et de la conjoncture macroéconomique du moment, quatre facteurs de marché qui n'ont rien d'une méthodologie d'évaluation indépendante.
Cas 1 : Série A française de 3,0 M€ avec option pool pre-money
Une startup SaaS française négocie une Série A de 3,0 M€ sur la base d'un pre-money de 10,0 M€, le term sheet de l'investisseur imposant la création d'un pool d'options de 10 % du capital pleinement dilué post-tour, inclus dans ce pre-money. Le post-money s'établit à 13,0 M€. Le nouvel investisseur obtient 3,0 / 13,0, soit 23,08 % du capital. Le pool d'options représente 10 % du post-money, soit 1,3 M€. Les fondateurs et actionnaires historiques se répartissent donc 10,0 moins 1,3, soit 8,7 M€ de valeur, soit 66,92 % du capital post-tour, la vérification arithmétique confirmant que 23,08 % plus 10,00 % plus 66,92 % totalisent cent pour cent.
Cas 2 : seed suisse de 1,5 MCHF en BSA-AIR à plafond post-money
Une startup suisse deeptech lève 1,5 MCHF auprès de trois investisseurs en BSA-AIR, chacun apportant 0,5 MCHF, sur la base d'un plafond de valorisation post-money de 6,5 MCHF fixé dès le premier contrat signé. Chaque investisseur connaît immédiatement son pourcentage à la conversion, 0,5 / 6,5, soit 7,69 % du capital, quel que soit l'ordre dans lequel les trois BSA-AIR sont signés. Si le même tour avait été structuré avec un plafond pre-money de 5,0 MCHF, chaque investisseur aurait initialement calculé 0,5 / 5,0, soit 10,0 % à la signature, avant de découvrir à la clôture du tour que le plafond pre-money, une fois les 1,5 MCHF des trois BSA-AIR additionnés, aboutissait au même post-money de 6,5 MCHF et donc au même pourcentage final de 7,69 %, mais seulement après que les trois investisseurs se soient mutuellement dilués sans le savoir à la signature.
Mot du dirigeant
« Le pre-money et le post-money ne sont pas deux façons équivalentes de dire la même chose, ce sont deux conventions de calcul qui changent concrètement qui supporte la dilution d'un tour de table. »
« Dans notre pratique franco-suisse, la plupart des litiges de cap table que nous observons ne portent pas sur le chiffre de valorisation lui-même, mais sur l'absence de clarté contractuelle sur le traitement du pool d'options et sur la base, pre-money ou post-money, retenue pour les instruments convertibles antérieurs. »
« Un fondateur qui comprend la mécanique du post-money négocie différemment, et souvent mieux, qu'un fondateur qui se concentre uniquement sur le chiffre affiché du pre-money. », Aristide Ruot, Ph.D., Fondateur et Directeur Général, Hectelion SA.
FAQ : les 10 questions essentielles sur le pre-money et le post-money
Introduction : ce qu'il faut retenir avant les questions
Les questions qui suivent reprennent les interrogations les plus fréquentes des fondateurs et investisseurs d'Hectelion sur la mécanique pre-money et post-money, en complément des définitions et des cas chiffrés détaillés plus haut.
Q1 : Quelle est la formule exacte entre pre-money et post-money ?
Le post-money est égal au pre-money augmenté du montant effectivement levé lors du tour, soit post-money égale pre-money plus investissement, cette relation étant purement arithmétique une fois les deux premiers termes négociés.
Q2 : Comment calculer le pourcentage obtenu par un nouvel investisseur ?
Le pourcentage du nouvel investisseur s'obtient en divisant le montant qu'il investit par la valorisation post-money, et non par la valorisation pre-money, une confusion fréquente qui conduit à surestimer le pourcentage réel détenu.
Q3 : Le pool d'options doit-il être inclus dans le pre-money ou dans le post-money ?
Les deux pratiques existent et doivent être explicitement négociées : un pool inclus dans le pre-money dilue uniquement les actionnaires existants, tandis qu'un pool inclus dans le post-money répartit la dilution entre les actionnaires existants et le nouvel investisseur.
Q4 : Pourquoi Y Combinator a-t-il adopté le SAFE post-money en 2018 ?
Y Combinator a adopté le plafond post-money pour que chaque investisseur en SAFE connaisse immédiatement et avec certitude son pourcentage final de détention, sans dépendre du nombre d'autres SAFE émis dans le même tour, une transparence que le plafond pre-money ne garantissait pas.
Q5 : Un plafond post-money est-il toujours plus favorable au fondateur ?
Non, un plafond post-money fait porter l'intégralité de la dilution liée aux instruments convertibles du tour sur les seuls fondateurs, alors qu'un plafond pre-money la répartissait entre les différents souscripteurs, ce qui peut in fine être plus favorable aux fondateurs selon le nombre d'instruments émis.
Q6 : Comment reconstituer une cap table après un tour de financement ?
Il faut lister l'ensemble des titres existants avant le tour, y ajouter les titres nouvellement émis pour l'investisseur et pour le pool d'options s'il est créé à cette occasion, puis vérifier que la somme des pourcentages de toutes les parties égale cent pour cent sur la base du post-money.
Q7 : Quelle est la différence entre le BSA-AIR et une augmentation de capital classique ?
Le BSA-AIR diffère la fixation du prix par action à un tour ultérieur, en ne définissant à la signature qu'un plafond et, le cas échéant, une décote de valorisation, alors qu'une augmentation de capital classique fixe immédiatement un pre-money et un prix par action définitifs.
Q8 : Comment se calcule la dilution lorsque plusieurs BSA-AIR sont émis dans le même tour ?
Si les plafonds sont exprimés en base post-money, chaque investisseur connaît son pourcentage dès la signature ; s'ils sont exprimés en base pre-money, la dilution réelle de chacun ne peut être connue avec certitude qu'après la clôture complète du tour et l'addition de tous les montants levés.
Q9 : Le pre-money négocié correspond-il à la valeur réelle de l'entreprise ?
Non, le pre-money est un prix de négociation entre une entreprise et un investisseur donné, influencé par la rareté du tour et l'urgence de financement, qui ne remplace pas une évaluation d'entreprise indépendante fondée sur une méthodologie documentée.
Q10 : Comment la clause anti-dilution modifie-t-elle le calcul du pre-money d'un tour suivant ?
Une clause d'anti-dilution ajuste rétroactivement le prix par action obtenu par un investisseur historique si un tour ultérieur se fait à une valorisation inférieure, le mécanisme de full ratchet réajustant intégralement ce prix tandis que la moyenne pondérée ne l'ajuste que partiellement.
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Conclusion : pre-money et post-money, deux faces de la même valorisation
Le pre-money et le post-money ne décrivent pas deux valeurs différentes de l'entreprise, mais deux moments d'une même opération, avant et après l'injection des fonds nouveaux. Leur relation arithmétique est simple, le post-money égale le pre-money augmenté du montant levé, mais son application concrète se complique dès qu'un pool d'options ou un instrument convertible entre en jeu, car c'est alors le traitement contractuel de ces éléments, et non la formule elle-même, qui détermine la répartition finale du capital.
L'épisode du changement de convention du SAFE par Y Combinator en 2018 illustre bien que le choix entre base pre-money et base post-money n'est jamais neutre : il déplace la charge de la dilution entre les parties plutôt que de la faire disparaître. Un fondateur averti négocie donc moins le chiffre du pre-money dans l'absolu que la convention retenue pour le calculer et le traitement explicite du pool d'options, deux points qui déterminent en pratique l'essentiel de la dilution qu'il subira.
Dans les deux cas étudiés, Série A française et seed suisse en BSA-AIR, la vérification arithmétique de la cap table après l'opération reste le seul moyen fiable de s'assurer que chaque partie obtient le pourcentage auquel elle croit avoir droit, plutôt que de se fier au seul chiffre de valorisation affiché dans le term sheet.
Synthèse de l'article
Le pre-money est la valeur retenue pour l'entreprise avant l'entrée des fonds nouveaux, le post-money cette même valeur augmentée du montant levé, et c'est le post-money, non le pre-money, qui détermine le pourcentage réel obtenu par un nouvel investisseur. Cette relation simple se complique dès que le term sheet prévoit un pool d'options créé avant le tour, pratique connue sous le nom d'option pool shuffle, qui fait porter une dilution supplémentaire sur les seuls actionnaires existants.
Y Combinator a changé en 2018 la convention de son SAFE, du pre-money vers le post-money, pour garantir à chaque investisseur une visibilité immédiate sur son pourcentage final, un choix qui a toutefois pour effet de concentrer sur les seuls fondateurs la dilution liée aux instruments convertibles du tour. Les deux cas chiffrés, une Série A française à 10,0 M€ de pre-money avec pool inclus et une levée seed suisse en BSA-AIR à plafond post-money de 6,5 MCHF, illustrent ces deux mécaniques avec des calculs vérifiables.
Hectelion accompagne la structuration de ces opérations dans le cadre de ses missions de levée de fonds et d'évaluation de startup, avec une attention particulière portée à la documentation du pre-money retenu et à la clarté contractuelle du traitement du pool d'options.
Sources
- Code de commerce, article L.228-91 sur les valeurs mobilières donnant accès au capital
- HSBC Innovation Banking, mécanique de l'option pool shuffle et dilution des fondateurs
- Wilson Sonsini Goodrich & Rosati, pourquoi un plafond post-money peut désavantager les fondateurs
- Y Combinator, documentation officielle du SAFE et de son plafond post-money
Auteur
Aristide Ruot, Ph.D.
Fondateur | Directeur Général, Hectelion SA


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