Combien coûte une levée de fonds ? Honoraires du leveur de fonds 2026 (France & Suisse)
Success fee, retainer, BSA de conseil : les intervalles 2026 des honoraires d'une levée de fonds.

Introduction : combien coûte réellement une levée de fonds en 2026 ?
Une levée de fonds mobilise des honoraires de leveur qui combinent le plus souvent un success fee de 1 à 5 % du montant levé selon le dossier, et un retainer ou forfait mensuel de 2 000 à 6 000 CHF ou EUR, parfois complété de bons de souscription d'actions (BSA) de conseil lorsque la trésorerie de la société est tendue (pratique de place constatée par Hectelion, 2026). Le bon budget dépend du stade de maturité, du montant recherché et de la structuration retenue.
Une levée de fonds consiste, pour une société, à ouvrir son capital à de nouveaux investisseurs, business angels, fonds de capital-risque, family offices ou fonds de growth equity, en échange d'une prise de participation, afin de financer sa croissance sans recourir à l'endettement classique. Bpifrance Création en détaille les mécanismes et les étapes pour les porteurs de projet et les dirigeants de PME.
« L'assemblée générale décide de l'augmentation ordinaire du capital-actions. », Code des obligations suisse, article 650, alinéa 1er.
Trois facteurs convergent en 2026 pour rendre ce budget particulièrement d'actualité.
Premièrement, le marché repart nettement mais de façon concentrée : les startups françaises ont levé 4,58 milliards d'euros au premier semestre 2026, en hausse de 65 % sur un an selon le baromètre EY, tandis que la Suisse a vu ses levées rebondir à 2,95 MdCHF en 2025 d'après le Swiss Venture Capital Report ; ce rebond, souvent tiré par quelques méga-levées liées à l'intelligence artificielle, rend les repères de prix d'autant plus utiles pour un tour de table classique.
Deuxièmement, la rémunération du leveur de fonds mélange souvent success fee, retainer et parfois BSA de conseil, une mécanique mal comprise par des fondateurs qui négocient fréquemment leur premier tour sans repère.
Troisièmement, le relèvement du seuil d'exemption de prospectus de 8 à 12 millions d'euros dès juin 2026 dans l'Union européenne élargit le périmètre des opérations réalisables en placement privé, sans dispenser de vérifier qui peut légalement percevoir un success fee sur un placement de titres.
Cet article donne les honoraires en un coup d'œil, détaille ce qui fait varier la facture, présente les structures de mandat du success fee pur au BSA de conseil, explique la mécanique du success fee, décrit le déroulement d'une levée et ses délais, compare les types de prestataires, explique comment réduire le coût sans dégrader vos conditions, situe les tendances 2026, liste les cinq erreurs qui coûtent cher, illustre le tout par deux cas chiffrés, l'un suisse, l'autre français, avant de répondre aux dix questions les plus fréquentes.
Les honoraires d'une levée de fonds en un coup d'œil : intervalles 2026 par stade
| Stade de la levée | Montant recherché | Success fee | Retainer ou forfait mensuel (CHF ou EUR) |
|---|---|---|---|
| Amorçage (seed) | Jusqu'à 2 MCHF ou M EUR | 3 à 5 %, parfois taux unique | 2 000 à 6 000 par mois |
| Série A | 2 à 10 MCHF ou M EUR | 2 à 4 %, dégressif ou taux unique | 2 000 à 6 000 par mois |
| Série B ou growth equity | 10 à 50 MCHF ou M EUR | 1 à 3 %, dégressif ou taux unique | 2 000 à 6 000 par mois |
| Financement mixte (dette et equity) | Toute taille | 1 à 2 % sur la tranche dette, 2 à 4 % sur la tranche equity | 2 000 à 6 000 par mois |
Intervalles issus de la pratique de place constatée par Hectelion, France et Suisse, 2026, hors taxes et hors débours. Le success fee est assis sur les montants effectivement levés grâce à l'intervention du leveur ; les investisseurs déjà présents au capital qui réinvestissent sans intermédiation en sont généralement exclus.
La dégressivité obéit à la même logique que pour un mandat de cession : l'effort de placement d'un tour de 30 MCHF n'est pas dix fois celui d'un tour de 3 MCHF, si bien que les petits tours restent en haut de l'intervalle et les grands tours en bas. Le stade de la levée, plus que le seul montant, conditionne aussi le profil d'investisseurs ciblés et donc la charge de travail du leveur.
Dans tous les cas, le success fee se situe entre 1 % et 5 % du montant levé : il peut suivre une logique dégressive par tranches, comme dans les intervalles ci-dessus, ou être fixé à un taux unique appliqué à l'ensemble du montant, par exemple 3 % ou 1 % selon les dossiers, un choix souvent dicté par la préférence du fondateur pour la simplicité de facturation plutôt que par le montant levé lui-même.
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Ce qui fait varier les honoraires : montant, stade, structuration, tension investisseurs
Premièrement, le montant recherché et le stade de maturité, premier déterminant du pourcentage, comme le montre le tableau ci-dessus. Une société en phase d'amorçage mobilise davantage de travail de conviction par franc ou euro levé qu'une société en croissance déjà rentable.
Deuxièmement, la complexité de la structuration du tour. Un tour en actions ordinaires simples demande moins de travail juridique et financier qu'un tour combinant actions de préférence, BSA et clauses spécifiques du pacte d'actionnaires, anti-dilution, liquidation préférentielle, ratchets. Voir notre service dédié de structuration financière.
Troisièmement, la qualité de la préparation. Un business plan récent, une data room déjà constituée et un pre-money déjà argumenté réduisent fortement le temps de la phase de préparation, la plus dense en travail du mandat.
Quatrièmement, la tension entre investisseurs que le leveur parvient à créer. Un dossier qui reçoit plusieurs term sheets concurrentes se négocie mieux, sur le prix comme sur les clauses de gouvernance, qu'un dossier traité en négociation bilatérale avec un seul investisseur.
Cinquièmement, la dimension franco-suisse de l'opération. Adresser à la fois les bassins d'investisseurs français et suisses, chacun avec ses pratiques et parfois ses véhicules fiscaux propres, demande une couverture que peu de leveurs assurent réellement des deux côtés de la frontière.
Enfin, le statut et le réseau du leveur. Un cabinet disposant d'un accès direct et documenté aux fonds ciblés facture différemment d'un intermédiaire qui doit d'abord constituer sa liste de prospects, un point à vérifier avant de signer.
Les structures de mandat : cinq modèles d'honoraires possibles
Un leveur de fonds peut structurer ses honoraires selon cinq modèles distincts, chacun adapté à une situation différente :
| Type de mandat | Usages types | Niveaux constatés 2026 |
|---|---|---|
| Full retainer | Cadrage, valorisation et structuration en amont, sans mandat de placement ni obligation de résultat sur le closing | Honoraires fixes de 5 000 à 20 000 CHF ou EUR au total, payés à l'avancement en plusieurs échéances |
| Full success fee | Levées seed ou série A sur un dossier déjà attractif, sans besoin de financer la phase de préparation | 1 à 5 % selon la taille du tour, dégressif par tranches ou à taux unique selon les dossiers, aucun honoraire fixe en amont |
| Retainer et success fee (mixte) | Structure de référence de la majorité des levées | Success fee 1 à 5 % ; retainer de 2 000 à 6 000 par mois, imputable sur le success fee au closing |
| Au temps passé (régie) | Structuration ponctuelle, périmètre encore incertain au démarrage, ou accompagnement sans mandat de placement formel | Taux horaire de 150 à 800 CHF ou EUR selon séniorité, généralement plafonné par un budget prévisionnel |
| Forfait mensuel sans success fee | Accompagnement continu sur toute la durée du process, indépendamment du résultat final, notamment lorsque le leveur ne peut ou ne souhaite pas être rémunéré au succès | 2 000 à 6 000 CHF ou EUR par mois selon les besoins de la mission, quelle que soit la taille du tour, sans autre rémunération liée au closing |
Observations de marché d'Hectelion, France et Suisse, 2026. Hors taxes.
Le mandat mixte retainer et success fee reste la structure la plus répandue : le retainer finance la phase de préparation, la plus consommatrice de temps, et vient s'imputer sur le success fee au closing, exactement comme pour un mandat de cession. Le full retainer se distingue du forfait mensuel sans success fee par sa logique : le premier rémunère un travail de structuration borné dans le temps et payé par échéances, le second rémunère un accompagnement continu sur toute la durée du process, quel que soit son aboutissement.
Quelle que soit la structure retenue, une variante reste possible lorsque la trésorerie de la société est tendue : réduire le success fee cash de 1 à 2 points en échange de BSA de conseil, représentant généralement 0,5 à 2 % du capital post-money, ce qui aligne la rémunération du leveur sur la valorisation future de la société plutôt que sur le seul closing du tour en cours.
La mécanique du success fee : assiette, tranches et argent nouveau
L'assiette est la clause la plus disputée, et la moins lue avant signature. Le success fee porte en principe sur le montant effectivement levé auprès d'investisseurs introduits ou approchés par le leveur, ce qu'on appelle l'argent nouveau. Les investisseurs déjà actionnaires qui réinvestissent dans le même tour, ou un montant apporté par un investisseur que le fondateur avait déjà en discussion avant le mandat, en sont généralement exclus, à condition que la lettre de mission liste nominativement ces exceptions avant le lancement du process.
La dégressivité s'organise le plus souvent par tranches, un pourcentage plus élevé sur la première partie du montant levé, décroissant ensuite, à l'image des barèmes utilisés en cession d'entreprise. Lorsque le tour se clôture en plusieurs tranches, un premier closing puis un second quelques semaines plus tard, le success fee se paie généralement tranche par tranche, sur les fonds effectivement reçus par la société.
Le traitement des BSA de conseil mérite une attention particulière : leur prix d'exercice, leur durée et leur sort en cas de sortie ou de tour suivant doivent être écrits dans la lettre de mission avec la même précision qu'une clause de prix, sous peine de litige au moment où ils prennent de la valeur. Leur juste valeur à l'émission, généralement estimée par un modèle d'option, relève de la même discipline que notre offre d'évaluation d'instruments financiers.
Déroulement et délais : de la préparation au closing
Une levée de fonds accompagnée se déroule en six étapes, sur une durée totale de quatre à neuf mois selon le stade. La phase de cadrage, signature du mandat, définition du montant recherché et première valorisation pre-money documentée, prend deux à quatre semaines. Suit la préparation de la documentation, teaser, mémorandum d'information, pitch deck, business plan, data room virtuelle et term sheet type, phase la plus dense, sur quatre à huit semaines.
L'approche des investisseurs ciblés et la gestion des accords de confidentialité occupent ensuite quatre à dix semaines, jusqu'à la réception des premières marques d'intérêt. La réception et la négociation du term sheet se déroulent en parallèle de la due diligence menée par les investisseurs pressentis, sur quatre à huit semaines supplémentaires. Vient ensuite la négociation des documents définitifs, pacte d'actionnaires et documentation de souscription, avant le closing juridique, augmentation de capital en assemblée générale et signature du pacte d'actionnaires, qui se règle en deux à quatre semaines une fois les conditions suspensives levées.
Un tour d'amorçage se boucle souvent en quatre à six mois, un tour de série B ou growth equity dépasse fréquemment huit à neuf mois.
Comparer les prestataires : banques d'affaires, boutiques de levée de fonds, plateformes en ligne et réseaux directs
Les banques d'affaires et desks growth equity des grands réseaux adressent les tours importants, à partir de plusieurs dizaines de millions, avec des équipes étoffées et des minimums d'honoraires qui rendent leur modèle peu adapté aux tours de taille inférieure. Les boutiques indépendantes de levée de fonds, comme Hectelion, couvrent le cœur du marché seed à série B, avec une méthodologie de valorisation alignée sur les standards IVSC et une indépendance totale vis-à-vis des intermédiaires financiers traditionnels.
Les plateformes de mise en relation en ligne et clubs d'investisseurs conviennent aux petits montants, avec des frais fixes plus bas mais un accompagnement limité sur la structuration et la négociation. Les réseaux directs de business angels ou de family offices, sans intermédiaire rémunéré, allègent la facture mais reportent l'intégralité de la négociation, de la valorisation à la gouvernance, sur le fondateur seul, un choix qui expose davantage aux erreurs de dilution mal anticipées.
Hectelion intervient comme conseil en levée de fonds sur des opérations de 2 à 500 MCHF, en France et en Suisse, avec une particularité de méthode : la valorisation documentée en amont, avant l'approche des investisseurs, pour que la négociation de la dilution comme celle des honoraires reposent sur une base objectivée.
Pourquoi choisir Hectelion pour votre levée de fonds
Huit points concrets départagent Hectelion des autres prestataires :
- Expérience de fondateur : Aristide Ruot a personnellement fondé, dirigé et levé des fonds pour ses propres sociétés, et géré leurs tensions de trésorerie ; cette pratique directe du risque entrepreneurial, plus qu'une lecture théorique du dossier, explique pourquoi la majorité des fondateurs choisissent aujourd'hui Hectelion.
- Tarification calibrée : le retainer est indexé sur la taille réelle de votre tour, amorçage, série A ou série B, et non sur le barème uniforme qu'une banque d'affaires applique quel que soit le montant recherché.
- Méthode : la double compétence évaluation et structuration financière mobilisée sur chaque dossier est conduite personnellement par Aristide Ruot, Ph.D., et non déléguée à un collaborateur junior.
- Un seul interlocuteur : levée de fonds, évaluation, due diligence et structuration des instruments financiers restent entre les mains d'une même équipe, sans éclater le dossier entre plusieurs cabinets.
- Rigueur de banque d'affaires : le même niveau d'exigence sur le mémorandum et la valorisation qu'un grand réseau, sans ses délais de mobilisation ni ses honoraires minimums.
- Ancrage franco-suisse : une couverture native des deux bassins d'investisseurs et des deux cadres juridiques, sans recours à une sous-traitance locale d'un côté de la frontière.
- Indépendance vis-à-vis des investisseurs : aucune rémunération, directe ou indirecte, n'est perçue auprès des fonds approchés ; seul le fondateur mandant rétribue la mission.
- Délais annoncés dès le cadrage : un premier ordre de grandeur de valorisation obtenu en quelques minutes via Acontos, puis un calendrier de process tenu du cadrage jusqu'au closing.
Point de vigilance : dès lors qu'un leveur perçoit une partie de ses honoraires, en cash ou en BSA, directement auprès des investisseurs qu'il sollicite, sa capacité à défendre sans réserve la valorisation et les clauses du fondateur s'en trouve affaiblie. Hectelion facture exclusivement la société mandante et ne perçoit, sous aucune forme, de rémunération de la part des fonds approchés durant le process.
Le rôle du term sheet dans la négociation des honoraires du leveur
Le term sheet ne fixe pas seulement la valorisation et les clauses de gouvernance du tour, il contient souvent une clause d'exclusivité, ou no-shop, qui interdit au fondateur de solliciter d'autres investisseurs pendant une période donnée une fois le document signé, généralement quatre à huit semaines.
Cette clause protège l'investisseur pressenti, mais elle immobilise aussi le travail du leveur sur un seul interlocuteur, ce qui explique pourquoi certains mandats prévoient un mécanisme de break fee, une indemnité due au leveur si le fondateur rompt un term sheet signé sans motif légitime après que le leveur a fait émerger l'offre.
À l'inverse, un term sheet renégocié à la baisse par l'investisseur entre sa signature et le closing, une pratique appelée re-trading, expose le leveur à un désaccord avec son client sur le succès réel de sa mission et sur le déclenchement du success fee : ce point mérite d'être tranché explicitement dans la lettre de mission, avant que la situation ne se présente en pratique.
Comment réduire le coût de votre levée de fonds sans dégrader vos conditions
- Faire établir une valorisation documentée avant d'approcher les investisseurs plutôt que d'avancer un chiffre défendu à l'instinct : cela évite les renégociations de pre-money qui allongent le process et fragilisent la position du fondateur.
- Cadrer précisément le montant recherché et le profil d'investisseurs ciblés avant de mandater, pour éviter un mandat au périmètre flou facturé en régie plutôt qu'au forfait.
- Regrouper la structuration juridique du tour, pacte d'actionnaires, BSA, obligations convertibles, auprès d'un nombre limité de prestataires coordonnés plutôt que de multiplier les intervenants qui dupliquent une partie de l'analyse.
- Négocier l'imputation du retainer sur le success fee et son versement par jalons, teaser diffusé, term sheet signée, plutôt qu'un calendrier fixe déconnecté de l'avancement réel du process.
- Lorsque la trésorerie est tendue, envisager un success fee réduit complété de BSA de conseil plutôt que de renoncer purement et simplement à un accompagnement professionnel, l'erreur la plus coûteuse sur le long terme en cas de dilution mal négociée.
Quatre leviers complémentaires, propres à la levée de fonds, permettent d'aller plus loin :
- Préparer le mémorandum d'information et les indicateurs clés en amont, pour réduire le temps facturé pendant la phase de préparation.
- Utiliser Acontos pour cadrer une première valorisation avant même de signer le mandat, plutôt que de découvrir un pre-money contesté en cours de process.
- Cibler une liste resserrée d'investisseurs réellement pertinents pour le stade et le secteur, plutôt qu'une diffusion large qui dilue l'effort du leveur sans améliorer les chances de closing.
- Mandater un seul cabinet pour un tour franco-suisse, plutôt que de multiplier les intermédiaires locaux qui dupliquent une partie du travail de structuration.
Ces leviers ne réduisent pas la rigueur du dossier présenté aux investisseurs ; ils réduisent le temps facturé pour y parvenir.
Tendances 2026 : rebond du marché, pression de l'IA, seuils réglementaires en hausse
Trois dynamiques structurent le marché de la levée de fonds en 2026. La première est le rebond net des montants levés : 4,58 milliards d'euros au premier semestre 2026 en France selon le baromètre EY du capital-risque, après 7,39 milliards d'euros sur l'ensemble de 2025, et un rebond suisse à 2,95 MdCHF en 2025 d'après le Swiss Venture Capital Report. Ce rebond reste concentré sur quelques méga-tours liés à l'intelligence artificielle, qui tirent les moyennes de marché sans refléter les conditions des tours seed et série A classiques.
La deuxième dynamique est la pression baissière de l'intelligence artificielle sur les composantes facturées au temps, préparation du pitch deck, premières recherches d'investisseurs, structuration standard, à l'image de ce qui s'observe déjà sur les mandats de cession. Le success fee résiste mieux, car il reste indexé sur l'accès réel aux bons investisseurs et sur la capacité à créer une tension entre plusieurs term sheets.
La troisième dynamique est réglementaire : le relèvement du seuil d'exemption de prospectus de 8 à 12 millions d'euros dès juin 2026 élargit le périmètre des levées réalisables en placement privé sans document d'offre au public, ce qui allège les coûts juridiques annexes d'un nombre croissant de tours de série A et B, sans dispenser de vérifier le statut réglementaire de l'intermédiaire qui perçoit un success fee sur le placement de titres.
Lead investor vs investisseurs suiveurs : qui négocie, qui paie
Sur un tour réunissant plusieurs investisseurs, le lead investor négocie seul la valorisation, les clauses de gouvernance et le siège au conseil, pendant que les investisseurs suiveurs souscrivent en général aux conditions déjà arrêtées, sans renégocier le term sheet.
Cette répartition des rôles a une conséquence directe sur l'assiette du success fee, souvent mal anticipée par les fondateurs : lorsqu'un investisseur suiveur est introduit dans le tour par le lead investor lui-même, et non par le leveur, la question de son inclusion dans l'assiette de calcul doit être tranchée avant la signature du mandat, exactement comme pour un investisseur déjà en discussion avec le fondateur.
À l'inverse, un leveur qui structure lui-même la syndication, en recrutant plusieurs investisseurs suiveurs pour compléter le ticket du lead investor, justifie pleinement l'application du success fee sur l'ensemble du tour ainsi complété. Faire préciser, dans la lettre de mission, qui du leveur ou du lead investor est réputé avoir introduit chaque investisseur suiveur évite un désaccord fréquent au moment du closing.
Les 5 erreurs qui coûtent cher
Erreur 1 : Signer un success fee sans définir l'argent nouveau
Un success fee assis sur l'intégralité du tour, y compris les investisseurs déjà actionnaires ou déjà en discussion avant le mandat, gonfle la facture sans justification. Faites lister nominativement, en annexe de la lettre de mission, les investisseurs exclus de l'assiette.
Erreur 2 : Négocier uniquement les honoraires cash en ignorant la dilution
Un point de success fee économisé pèse rarement plus que quelques dizaines de milliers de francs ou d'euros ; un point de dilution mal négocié sur la valorisation pre-money se chiffre en centaines de milliers sur la table de capitalisation. Le vrai sujet est le pre-money défendable, pas le pourcentage du leveur.
Erreur 3 : Accepter une exclusivité longue sans jalons
Une levée de fonds dépend largement des conditions de marché du moment : une exclusivité de plusieurs mois sans jalons vérifiables, teaser diffusé, premières marques d'intérêt reçues, immobilise le projet si le leveur n'avance pas.
Erreur 4 : Confondre un leveur généraliste avec un spécialiste du stade et du secteur
Un intermédiaire habitué aux cessions de PME industrielles n'a pas nécessairement le réseau de fonds de capital-risque pertinent pour un tour de série A technologique, et inversement. Vérifiez la liste des investisseurs réellement adressés sur des dossiers comparables au vôtre.
Erreur 5 : Négliger le statut réglementaire du leveur
Sur une opération impliquant des investisseurs étrangers ou un placement élargi, le statut de l'intermédiaire, agréé ou non par la FINMA ou l'AMF selon les juridictions, conditionne la validité même de la rémunération perçue. Un devis très bas qui ne clarifie pas ce point mérite une vérification avant signature.
Cas 1 : série A d'une scale-up SaaS suisse à 6 MCHF
Cas construit à titre pédagogique sur les pratiques de marché observées.
Société E SA, éditeur de logiciels B2B basé en Suisse romande, lève 6 MCHF en série A auprès de deux fonds de capital-risque. Valorisation pre-money 24 MCHF, post-money 30 MCHF, soit une dilution de 20 % pour les fondateurs et l'équipe déjà titulaire de BSPCE.
Le mandat retenu est mixte retainer et success fee : retainer de 6 000 CHF par mois sur six mois, soit 36 000 CHF, et success fee de 4 % du montant levé, soit 240 000 CHF. Le retainer étant imputable, le montant net versé au closing s'établit à 204 000 CHF. Le mandat, d'une durée de sept mois, a permis de faire émerger trois term sheets concurrentes, dont deux avec des conditions de gouvernance sensiblement différentes, avant de retenir le lead investor final.
Cas 2 : amorçage d'une deeptech française à 1,2 M EUR
Cas construit à titre pédagogique sur les pratiques de marché observées.
Société F SAS, medtech en phase d'amorçage, lève 1,2 M EUR auprès d'un fonds seed et de deux business angels. Valorisation pre-money 3,6 M EUR, post-money 4,8 M EUR, dilution de 25 %. La trésorerie de la société, à ce stade, ne permet pas d'absorber un success fee cash complet dans l'intervalle habituel de 3 à 5 % du seed.
Le leveur accepte une structure mixte : forfait de préparation de 5 000 EUR, success fee réduit à 2 % du montant levé, soit 24 000 EUR, complété de BSA de conseil représentant 1 % du capital post-money, exerçables sur cinq ans au prix de la levée. Coût cash immédiat pour la société : 29 000 EUR, contre 36 000 à 60 000 EUR en honoraires cash intégraux au taux normal du seed, le solde de la rémunération étant reporté sur la valorisation future de la société.
Mot du dirigeant
« Le fondateur qui négocie son premier tour se focalise presque toujours sur le pourcentage du leveur, et presque jamais sur l'assiette du success fee ni sur la dilution que produira la valorisation pre-money retenue. C'est pourtant là que se joue l'essentiel. »
« Un BSA de conseil n'est pas un cadeau fait au leveur, c'est un mécanisme d'alignement : il ne vaut quelque chose que si la société réussit. Je préfère toujours cette structure à un success fee cash intégral sur une trésorerie déjà tendue en amorçage. »
« Avant de signer un mandat de levée de fonds, faites établir une valorisation documentée. Pas pour figer le prix, le marché s'en chargera, mais pour entrer en négociation avec un chiffre défendable plutôt qu'une espérance. »
Aristide Ruot, Ph.D.
Fondateur | Directeur Général, Hectelion SA
FAQ : les 10 questions essentielles sur les honoraires d'une levée de fonds
Introduction : ce qu'il faut retenir avant les questions
Success fee de 1 à 5 % selon le dossier, retainer ou forfait de 2 000 à 6 000 CHF ou EUR par mois, parfois complété de BSA de conseil : les intervalles sont posés. Les dix questions suivantes sont celles que posent le plus souvent les fondateurs et directions financières en France et en Suisse.
Q1 : Combien coûte une levée de fonds ?
Entre 1 et 5 % du montant levé en success fee selon le dossier, complété d'un retainer ou forfait mensuel de 2 000 à 6 000 CHF ou EUR (pratique de place constatée par Hectelion, 2026), le taux pouvant être dégressif par tranches ou fixé à un taux unique selon le dossier.
Q2 : Le success fee porte-t-il sur le montant total du tour ?
Non, en principe. Il porte sur l'argent nouveau, c'est-à-dire les montants apportés par des investisseurs introduits ou approchés par le leveur. Les investisseurs déjà actionnaires qui réinvestissent, ou déjà en discussion avant le mandat, doivent être listés nominativement et exclus de l'assiette.
Q3 : Qu'est-ce qu'un BSA de conseil et pourquoi certains leveurs l'acceptent-ils ?
Un BSA de conseil est un bon de souscription d'actions accordé au leveur en complément, ou en substitution partielle, de son success fee cash. Il aligne sa rémunération sur la réussite future de la société plutôt que sur le seul closing du tour en cours, une structure fréquente lorsque la trésorerie post-levée reste tendue.
Q4 : Les honoraires d'un leveur de fonds sont-ils négociables ?
La structure l'est davantage que le pourcentage seul : imputation du retainer, jalons de versement, seuils de dégressivité, part cash contre part BSA. Un taux anormalement bas doit interroger autant qu'un taux élevé.
Q5 : Qui paie les honoraires du leveur, la société ou les fondateurs ?
La société qui lève les fonds paie le mandat, sur la trésorerie disponible ou sur une partie du montant levé au closing. Les fondateurs supportent le coût indirectement, par la dilution supplémentaire que représente ce prélèvement sur la valorisation.
Q6 : Le retainer est-il imputable sur le success fee ?
C'est la pratique la plus courante et la plus équilibrée, comme pour un mandat de cession : le retainer finance la préparation puis vient en déduction du success fee dû au closing, la société ne payant jamais deux fois le même travail.
Q7 : Les honoraires de levée de fonds sont-ils déductibles fiscalement ?
Le traitement comptable et fiscal dépend de la nature de la dépense, frais liés à l'augmentation de capital ou charge d'exploitation, et de la juridiction. Ce point relève du conseil fiscal, à valider avec votre expert-comptable ou fiduciaire avant la mission.
Q8 : Une levée de fonds nécessite-t-elle un agrément FINMA ou AMF pour le leveur ?
Une levée structurée comme un placement privé auprès d'investisseurs qualifiés échappe en règle générale à l'obligation de prospectus, mais l'exercice à titre professionnel du courtage en valeurs mobilières peut relever d'un agrément selon les juridictions. Hectelion n'est pas agréée FINMA et n'intervient pas comme courtier en valeurs mobilières ; le cabinet accompagne la structuration, la valorisation et la négociation, en coordination avec les avocats et les intermédiaires financiers agréés lorsque le placement l'exige.
Q9 : Combien de temps dure une levée de fonds et quand les honoraires sont-ils dus ?
De quatre à neuf mois selon le stade. Le retainer se paie à l'avancement dès la préparation, le success fee est dû au closing, sur les fonds effectivement reçus par la société, tranche par tranche si le tour se clôture en plusieurs fois.
Q10 : Comment comparer deux leveurs de fonds au-delà du pourcentage ?
Trois critères comptent davantage que le taux facial : qui travaillera réellement le dossier, quel accès documenté aux investisseurs pertinents pour votre stade et votre secteur, et quelle honnêteté dans le cadrage initial, un leveur sérieux disant aussi quand une valorisation espérée n'est pas défendable en l'état.
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Pour prolonger cette lecture par un chiffrage concret, Hectelion met à disposition Acontos, son outil en ligne d'audit, de due diligence et d'évaluation d'entreprise. Propulsé par l'intelligence artificielle Claude Sonnet 5 d'Anthropic et calibré par la méthodologie d'Hectelion, il lit vos comptes, normalise l'EBITDA, applique des multiples sectoriels réels et reconstitue un pont de dette nette pour estimer la valeur de vos titres en quelques minutes.
Lancez gratuitement le simulateur de valorisation : la dilution comme le success fee de votre leveur se calculent sur cette valeur, autant en connaître l'ordre de grandeur avant de signer un mandat.
Conclusion : le coût d'une levée se lit dans la dilution, pas seulement dans le pourcentage du leveur
Le coût d'une levée de fonds accompagnée n'est pas qu'un pourcentage de success fee : c'est la combinaison d'un retainer ou forfait de préparation, d'un success fee de 1 à 5 % selon le dossier, dégressif ou à taux unique, parfois complété de BSA de conseil, et surtout de la dilution que produit la valorisation pre-money retenue.
Pour un fondateur, comparer des leveurs suppose de comparer des assiettes de success fee identiques et des valorisations également défendables, pas seulement des pourcentages, exactement comme pour toute évaluation d'entreprise.
Synthèse de l'article
Une levée de fonds accompagnée coûte entre 1 et 5 % du montant levé en success fee selon le dossier, amorçage, série A ou série B, dégressif par tranches ou à taux unique, complété d'un retainer ou forfait mensuel de 2 000 à 6 000 CHF ou EUR, parfois remplacé en partie par des BSA de conseil lorsque la trésorerie est tendue. Ces intervalles sont issus des observations de marché d'Hectelion, France et Suisse, 2026.
Les honoraires varient avec le montant recherché, le stade de maturité, la complexité de la structuration du tour, la tension créée entre investisseurs, la dimension franco-suisse et le réseau réel du leveur. Les deux cas chiffrés l'illustrent : 240 000 CHF de success fee sur une série A suisse de 6 MCHF ayant fait émerger trois term sheets, 24 000 EUR de success fee réduit complétés de BSA sur un amorçage français de 1,2 M EUR à trésorerie tendue.
La mécanique du success fee, assiette d'argent nouveau, tranches dégressives, imputation du retainer, compte davantage que le taux facial. Hectelion accompagne les levées de fonds de 2 à 500 MCHF en France et en Suisse, avec une valorisation documentée en amont pour objectiver à la fois la dilution et la discussion d'honoraires.
Sources
- Autorité des marchés financiers (AMF), les offres de titres financiers par placement privé
- Bpifrance Création, rechercher des investisseurs pour financer son projet
- Confédération suisse, Code des obligations, article 650, augmentation ordinaire du capital-actions
- EXPERTsuisse, standards professionnels de l'expertise comptable et de l'évaluation en Suisse
- EY, baromètre du capital-risque en France
- France Invest, activité du capital-investissement français en 2025
- Hectelion, BSA (Bons de Souscription d'Actions) : définition, valorisation et structuration en levée de fonds et LBO
- Startupticker.ch et SECA, Swiss Venture Capital Report
Auteur
Aristide Ruot, Ph.D.
Fondateur | Directeur Général, Hectelion SA





