Mandat d'évaluation d'entreprise dans le cadre de la valorisation d'un groupe suisse d'ingénierie de haute technologie
Évaluation d'un groupe suisse d'ingénierie
Description du mandat : évaluation d'un groupe suisse d'ingénierie de haute technologie
La mission portait sur l'estimation de la valeur économique d'un groupe suisse d'ingénierie de haute technologie, actif dans la conception, l'analyse numérique et la réalisation d'équipements complexes pour les secteurs spatial, aéronautique et naval. L'évaluation d'entreprise devait éclairer une réflexion sur la valorisation du groupe et de ses différentes activités.
La société présente une forte valeur intellectuelle et technique : son actif principal est le savoir-faire de ses ingénieurs, bien plus que son outil industriel. Cette caractéristique a orienté toute la méthodologie.
Enjeux clés : une société asset-light, un savoir-faire difficile à valoriser
- retraiter les comptes pour mettre en évidence la rentabilité réelle, en neutralisant les éléments exceptionnels et la rémunération des dirigeants hors marché ;
- valoriser un actif immatériel (savoir-faire, expertise de l'équipe, développements en cours) que les comptes ne présentent qu'imparfaitement ;
- structurer les plans d'affaires produits (plan financier, seuil de rentabilité, retour sur investissement) pour qu'ils soient exploitables dans la valorisation ;
- éviter de surpondérer la dépendance aux personnes clés, tout en en tenant compte.
Approche et résultats : une valorisation fondée sur l'EBIT normalisé
Le groupe ayant peu d'actifs immobilisés lourds, ses amortissements sont faibles et homogènes. Dans ce cas, l'EBIT normalisé donne une lecture plus complète de la rentabilité que l'EBITDA, sans introduire de biais de comparabilité. La valorisation repose donc sur l'EBIT normalisé, croisé avec les autres approches :
- le retraitement de l'EBIT et de l'EBITDA normalisés, base commune de toutes les méthodes ;
- la méthode des flux de trésorerie actualisés (DCF), construite à partir des plans d'affaires produits et actualisée au coût moyen pondéré du capital ;
- la méthode des multiples de transactions, appliquée à un échantillon de comparables de l'ingénierie de haute technologie.
Pour situer la valorisation par les multiples, les benchmarks publiés sur sociétés cotées donnent les repères suivants (Damodaran, NYU Stern, janvier 2026, périmètre américain, entreprises à EBITDA positif) :
- Aérospatial et défense : EV/EBITDA d'environ 22x, EV/EBIT d'environ 35x.
- Ingénierie et construction : EV/EBITDA d'environ 17x, EV/EBIT d'environ 25x.
Ces multiples concernent des sociétés cotées de grande taille : une société non cotée de taille modeste doit être appréciée après décote de taille et d'illiquidité.
La lecture comparée des deux multiples suit la logique de notre publication sur l'EV/EBIT et l'EV/EBITDA : l'EBIT n'est retenu comme multiple principal que lorsque la société est peu capitalistique et que ses amortissements sont homogènes.
Les conclusions ont permis d'établir une intervalle de valeur économique défendable, utilisée comme base de discussion pour la réflexion actionnariale du groupe.
Méthodologie : pourquoi l'EBIT, la réconciliation avec le DCF et les décotes
Pour une société à très faible intensité d'actifs, l'EBIT normalisé est retenu comme agrégat principal plutôt que l'EBITDA. Les amortissements y sont faibles et homogènes, donc l'EBIT ne crée pas de biais de comparabilité entre pairs, et il reflète mieux la rentabilité réelle que l'EBITDA. Cette logique est détaillée dans notre publication sur l'EV/EBIT et l'EV/EBITDA.
Le panel de comparables est construit pour rester sensible à la même logique : des sociétés comparables en termes d'activité, de taille et de profil d'actifs. Une sensibilité est menée sur les hypothèses clés, afin de mesurer la robustesse de la intervalle plutôt que d'en retenir un point unique.
La méthode DCF est réconciliée avec les approches par les multiples. Un écart entre les deux résultats n'est jamais résolu par une simple moyenne : il conduit à revoir les hypothèses de plan d'affaires, la normalisation de l'EBIT et la pertinence de l'échantillon, comme expliqué dans notre publication sur les approches et méthodes d'évaluation.
Le coût moyen pondéré du capital tient compte de la maturité technique et industrielle de la société. Hectelion a intégré le niveau de maturité de fabrication (MRL) au regard des aspects techniques et industriels propres à la société, selon la démarche décrite dans notre publication sur la maturité technologique dans le CMPC. Ce point est traité qualitativement dans le rapport : il s'agit d'un risque à apprécier, non d'une prime mécanique.
Enfin, les valeurs obtenues par les multiples sont ajustées, lorsque le contexte le justifie, pour la taille, l'illiquidité et le contrôle, selon des critères documentés. Les principes de ces ajustements sont exposés dans notre publication sur les primes et décotes.
Une équipe et un savoir-faire au cœur de la valeur
Au fil de la mission, Hectelion a particulièrement apprécié la qualité de l'équipe, qu'il s'agisse des ingénieurs ou de la direction : profondeur technique, rigueur dans la documentation des projets et capacité à expliquer les hypothèses de développement. Cette qualité de l'équipe est un facteur de valeur en soi, et elle a été intégrée à l'analyse de la pérennité des revenus.
Les transactions comparables ont été recensées à partir de bases de données de transactions, notamment Mergermarket, et des informations publiées par les sociétés cotées, notamment les documents déposés auprès de la SEC. Chaque opération retenue a été vérifiée au regard de sa taille, de son secteur et de sa structure.
Synthèse : évaluation sur EBIT normalisé, savoir-faire valorisé, intervalle défendable
Mandat d'évaluation d'entreprise pour un groupe suisse d'ingénierie de haute technologie à faible intensité capitalistique. Valorisation fondée sur l'EBIT normalisé, croisée avec un DCF et des multiples de transactions, avec une attention particulière portée à la valeur du savoir-faire et de l'équipe. Livrable : rapport d'évaluation indépendant et intervalle de valeur économique défendable.
FAQ : les questions essentielles sur l'évaluation d'un groupe asset-light
Introduction : ce qu'il faut retenir avant les questions
Les questions suivantes reprennent les interrogations les plus fréquentes des dirigeants lorsqu'ils font évaluer une société de savoir-faire, de la méthode retenue à la négociation.
Q1 : Pourquoi l'EBIT plutôt que l'EBITDA pour cette société ?
Parce que ses amortissements sont faibles et homogènes : l'EBIT n'introduit alors pas de biais de comparabilité entre pairs, et il donne une lecture plus complète de la rentabilité. Pour une société plus capitalistique, l'EBITDA resterait la référence.
Q2 : Mon entreprise est peu capitalistique : pourquoi ne pas la valoriser simplement sur l'EBITDA comme les autres ?
Pour une société qui investit peu, l'EBIT est presque identique à l'EBITDA et reflète mieux la rentabilité réelle, sans créer de biais de comparaison. L'EBITDA reste la référence pour les sociétés plus capitalistiques, où les amortissements varient beaucoup d'un pair à l'autre.
Q3 : Comment valoriser un savoir-faire technique qui n'apparaît pas au bilan ?
Il ressort de l'écart entre la valeur économique et la valeur des actifs identifiables, c'est-à-dire du goodwill technologique, à condition d'être étayé par les plans d'affaires et la pérennité des équipes.
Q4 : La dépendance aux ingénieurs clés réduit-elle la valeur ?
Oui, elle est prise en compte. Une équipe solide et documentée réduit ce risque, tandis qu'une dépendance à une personne non remplaçable l'accroît. L'évaluation en tient compte explicitement dans le scénario de référence.
Q5 : Combien de temps prend une évaluation de cette nature ?
En général 6 à 10 semaines, selon la disponibilité des données analytiques et des plans d'affaires produits.
Q6 : Cette évaluation peut-elle servir de base à une opération ultérieure ?
Oui : elle constitue une première étape pour une levée de fonds, une cession partielle ou une entrée d'investisseur.
Q7 : Quelle différence entre valeur économique et prix de cession ?
La valeur économique est le résultat d'une analyse méthodologique. Le prix de cession est le résultat d'une négociation, qui tient compte du contexte, des acquéreurs possibles et des conditions de l'opération. L'évaluation éclaire la négociation, elle ne la remplace pas.
Q8 : Faut-il appliquer une décote parce que mon entreprise n'est pas cotée ?
Souvent oui, car une participation dans une société non cotée est moins liquide et parfois sans contrôle. Ces décotes doivent être justifiées par les circonstances de la société et du marché, comme l'expose notre publication sur les primes et décotes.
Q9 : Le DCF et les multiples donnent des résultats différents : lequel faut-il croire ?
Aucun isolément. Un écart est un signal qui oblige à revoir les hypothèses de plan d'affaires, la normalisation des résultats et la pertinence des comparables. On ne retient pas simplement la moyenne des deux.
Q10 : Le risque technologique est-il pris en compte dans le taux d'actualisation ?
Oui, à travers la maturité technique et industrielle de la société, traitée qualitativement dans l'analyse du coût moyen pondéré du capital. Il ne s'agit pas d'une prime appliquée mécaniquement.
Q11 : Pourquoi retraiter les comptes avant une évaluation ?
Les comptes publiés contiennent des éléments exceptionnels, des réserves latentes et parfois une rémunération des dirigeants hors marché. Le retraitement permet de voir la rentabilité réellement récurrente, base de toute valorisation.
Q12 : Comment les investisseurs regardent-ils la propriété intellectuelle et les brevets ?
Ils cherchent à savoir si la technologie est protégée, si elle appartient bien à la société et si elle peut être exploitée sans dépendre d'une personne ou d'un tiers. Ces points conditionnent la part de valeur attribuée au savoir-faire.
Q13 : Un marché porteur garantit-il une valorisation élevée ?
Non. Un marché porteur peut gonfler les multiples de marché, et une valorisation qui ignore la qualité réelle de la rentabilité et des plans d'affaires est fragile. C'est pourquoi l'évaluation croise plusieurs méthodes.
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Les transactions présentées ont été réalisées par, avec la contribution de, ou avec la participation des membres de l’équipe Hectelion dans le cadre de fonctions exercées actuellement ou antérieurement.
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