Valeur d'entreprise vs valeur des capitaux propres : quelle est la différence ?

La confusion la plus fréquente en évaluation. Le pont entre les deux valeurs.

Introduction : la confusion la plus fréquente en évaluation d'entreprise

« Combien vaut cette entreprise ? » appelle en réalité deux réponses différentes, selon qu'on parle de la valeur d'entreprise ou de la valeur des capitaux propres. La première mesure la valeur de l'activité économique, indépendamment de la façon dont elle est financée. La seconde mesure ce qui revient effectivement aux actionnaires, une fois la dette et les éléments assimilés réglés.

Selon le professeur Aswath Damodaran (NYU Stern), la valeur de l'entreprise (firm value) mesure l'estimation de marché de la valeur de l'ensemble des actifs, tandis que la valeur d'entreprise (enterprise value) en retire la valeur de marché de la trésorerie et des autres actifs hors exploitation.

« The measure of value that we use in the numerator of a multiple should be consistent with the measure of earnings or book value that we use in the denominator. Equity values should be matched up to equity earnings or book equity and enterprise values to operating income or book capital. », Aswath Damodaran, NYU Stern, A Tangled Web of Values.

Cette règle de cohérence paraît évidente une fois énoncée, mais elle est enfreinte en permanence : un multiple de valeur d'entreprise appliqué à un résultat net, ou un prix par action comparé à un EBITDA, produisent des chiffres qui n'ont pas de sens. Cet article définit les deux valeurs, explique comment on passe de l'une à l'autre, détaille quand chacune doit être utilisée, puis propose deux cas chiffrés en France et en Suisse, avant une FAQ de dix questions.

  • Valeur d'entreprise : valeur de l'activité économique, indépendante de son financement.
  • Valeur des capitaux propres : valeur revenant aux actionnaires, après dette et éléments assimilés.
  • Pont : ensemble des ajustements qui relient la valeur d'entreprise à la valeur des capitaux propres.
  • Dette nette : dette financière diminuée de la trésorerie disponible.
  • Éléments assimilés à de la dette : engagements qui réduisent la valeur des capitaux propres sans figurer dans la dette financière classique.

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Définition : qu'est-ce que la valeur d'entreprise et la valeur des capitaux propres ?

Valeur d'entreprise : définition rapide

La valeur d'entreprise mesure la valeur de l'activité économique, avant financement. Elle correspond à ce que paierait un acquéreur pour l'ensemble des actifs d'exploitation, qu'il les finance ensuite par dette ou par capitaux propres. C'est la grandeur que vise un DCF construit sur les flux de trésorerie disponibles pour l'entreprise, et celle que ciblent les multiples indirects comme l'EV/EBIT.

Valeur des capitaux propres : définition rapide

La valeur des capitaux propres mesure ce qui revient aux actionnaires après règlement de la dette financière et des éléments assimilés. C'est le prix effectivement payé pour les actions dans une transaction, et la grandeur que vise un multiple direct comme le PER.

Une analogie simple aide à fixer les idées. Un acheteur acquiert une maison d'une valeur de 500 000 €, financée par 100 000 € d'apport personnel et 400 000 € d'emprunt hypothécaire. La valeur de la maison, 500 000 €, ne dépend pas de la façon dont elle est financée : c'est l'équivalent de la valeur d'entreprise. La part qui revient réellement à l'acheteur, 500 000 € moins les 400 000 € d'emprunt restant dû, soit 100 000 €, est l'équivalent de la valeur des capitaux propres. Si l'emprunt est remboursé au fil du temps sans que la maison change de valeur, la part de l'acheteur augmente mécaniquement, sans que la valeur de la maison elle-même n'ait bougé.

Origine : une distinction imposée par la diversité des structures de financement

La distinction s'est imposée avec la pratique des fusions-acquisitions financées par endettement. Deux entreprises aux activités identiques peuvent avoir la même valeur d'entreprise tout en affichant des valeurs de capitaux propres très différentes, selon leur niveau d'endettement. Comparer directement leurs prix par action ou leurs valorisations boursières sans tenir compte de cet écart conduirait à des conclusions erronées sur la performance de leur activité.

Les standards IVSC distinguent explicitement les deux notions, au même titre que l'approche par les revenus et l'approche par le marché déjà présentées dans l'article sur les approches, méthodes et valorisations d'entreprise. Le coût moyen pondéré du capital, qui sert à actualiser les flux dans un DCF, pondère d'ailleurs lui-même la valeur de marché de la dette et celle des capitaux propres.

Pourquoi distinguer la valeur d'entreprise et la valeur des capitaux propres

  • La cohérence des multiples en dépend directement. Un multiple doit toujours rapporter une valeur et un agrégat de même nature : valeur d'entreprise avec un agrégat d'exploitation, valeur des capitaux propres avec un agrégat revenant aux actionnaires.
  • Le niveau d'endettement change tout. Deux sociétés à la valeur d'entreprise identique peuvent avoir des valeurs de capitaux propres opposées selon leur dette.
  • Le prix négocié porte sur les capitaux propres. Dans une cession, c'est le prix par action, donc la valeur des capitaux propres, qui est finalement payé, même si la négociation part souvent d'une valeur d'entreprise.
  • Les éléments assimilés à de la dette sont une zone de négociation. Entre valeur d'entreprise et valeur des capitaux propres, plusieurs postes, engagements de retraite, crédit-bail, litiges, sont âprement discutés.
  • La comparaison entre entreprises exige la bonne grandeur. Comparer des sociétés sur leur seule valeur des capitaux propres, sans tenir compte de leur dette, fausse la lecture de leur taille économique réelle.

Comment se construit le pont entre valeur d'entreprise et valeur des capitaux propres ?

Le pont part de la valeur d'entreprise et retranche ou ajoute, dans l'ordre, les postes suivants.

  • Dette financière : retranchée, puisqu'elle doit être remboursée avant que les actionnaires ne perçoivent quoi que ce soit.
  • Trésorerie disponible : ajoutée, puisqu'elle appartient aux actionnaires et réduit le coût net d'acquisition. Seule la trésorerie excédentaire est concernée, par opposition à la trésorerie nécessaire au besoin en fonds de roulement hors exploitation courant de l'activité.
  • Éléments assimilés à de la dette : retranchés, par exemple les engagements de retraite sous-financés, le crédit-bail capitalisé ou les litiges provisionnés.
  • Intérêts minoritaires : retranchés, puisqu'ils reviennent à des actionnaires tiers dans les filiales non détenues à 100 %.
  • Actions de préférence : retranchées à leur valeur de remboursement, lorsqu'elles existent.

Ces deux exemples reposent sur des normes comptables précises. Selon l'IFRS Foundation, l'IAS 19 impose de déduire la juste valeur des actifs du régime de la valeur actualisée de l'obligation, pour déterminer le déficit ou l'excédent d'un régime à prestations définies : c'est ce déficit qui constitue l'engagement de retraite sous-financé retranché dans le pont. L'IFRS 16 impose de son côté au preneur de comptabiliser un actif au titre du droit d'utilisation et une dette de location correspondant à son obligation de paiement, pour tout contrat de location de plus de douze mois portant sur un actif qui n'est pas de faible valeur : c'est cette dette de location qui constitue le crédit-bail capitalisé.

Poste du pontEffet sur la valeur des capitaux propres
Valeur d'entreprisePoint de départ
Dette financière− (retranchée)
Trésorerie disponible+ (ajoutée)
Éléments assimilés à de la dette− (retranchés)
Intérêts minoritaires− (retranchés)
Valeur des capitaux propresRésultat

Formule complète du pont :

Valeur des capitaux propres = Valeur d'entreprise − Dette financière + Trésorerie disponible − Éléments assimilés à de la dette − Intérêts minoritaires

Un point mérite d'être clarifié : emprunter davantage ne change pas la valeur d'entreprise. Si une société lève 2 000 000 € de dette supplémentaire et conserve cette somme en trésorerie, le pont neutralise exactement l'effet : la dette augmente de 2 000 000 €, la trésorerie augmente d'autant, et la valeur des capitaux propres reste inchangée. Seule une utilisation de cette dette qui modifie la capacité opérationnelle de l'entreprise, par exemple un investissement productif, peut faire varier la valeur d'entreprise elle-même.

Pont en cascade de la valeur d'entreprise vers la valeur des capitaux propres, exemple du Cas 2

Exemple illustratif, repris du Cas 2 : 28,0 MCHF de valeur d'entreprise, moins 7,5 MCHF de dette financière, plus 1,5 MCHF de trésorerie disponible, moins 1,2 MCHF de crédit-bail capitalisé, moins 0,8 MCHF d'intérêts minoritaires, soit 20,0 MCHF de valeur des capitaux propres.

Cette formule est appliquée poste par poste dans chaque mandat d'évaluation d'entreprise conduit par Hectelion. Dans la plupart de ces mandats, Hectelion conduit au préalable une due diligence financière, pour identifier clairement les éléments financiers et comptables qui entrent dans la détermination de la valeur d'entreprise et de la valeur des capitaux propres.

Quand utiliser la valeur d'entreprise plutôt que la valeur des capitaux propres ?

La valeur d'entreprise s'impose pour comparer des sociétés à des niveaux d'endettement différents, pour construire un DCF sur les flux disponibles pour l'entreprise, ou pour appliquer un multiple indirect comme l'EV/EBITDA. La valeur des capitaux propres s'impose pour fixer le prix par action d'une transaction, pour appliquer un multiple direct comme le PER, ou pour déterminer ce que touche effectivement un actionnaire. Dans une cession, les deux grandeurs cohabitent : la négociation démarre souvent sur une valeur d'entreprise ou un multiple d'EBITDA, puis le pont est appliqué pour aboutir au prix par action réellement payé.

À qui faire appel pour construire ce pont ?

Trois critères orientent le choix d'un conseil.

  • La complexité du bilan : engagements de retraite, crédit-bail, filiales minoritaires et litiges multiplient les ajustements à documenter.
  • Le mécanisme de prix retenu : un locked box fige le pont à une date antérieure au closing, tandis que des completion accounts le recalculent à la date de closing.
  • Le niveau de preuve exigé : une négociation contentieuse sur le niveau de dette nette exige un pont documenté poste par poste, pas une approximation globale.

Hectelion intervient sur l'évaluation d'entreprise et sur la due diligence financière, qui documente précisément chaque poste du pont avant une cession. Hectelion n'est pas agréée FINMA et n'intervient pas sur les opérations cotées.

Avantages : clarté de la comparaison, rigueur du prix

Distinguer les deux valeurs offre une clarté de la comparaison entre entreprises à des structures de financement différentes. Elle offre aussi une rigueur du prix négocié, puisque chaque poste du pont peut être discuté et documenté séparément, plutôt que noyé dans un chiffre global.

Limites : zone grise des éléments assimilés, intérêts minoritaires approximatifs

Les éléments assimilés à de la dette forment une zone grise régulièrement négociée : un engagement de retraite ou un litige provisionné peut être classé différemment selon les parties. Les intérêts minoritaires sont souvent valorisés à leur valeur comptable, une approximation de leur valeur de marché réelle, alors qu'une décote de minoritaire ou une prime de contrôle peuvent s'appliquer selon la position de l'actionnaire concerné. Enfin, le mécanisme de prix retenu, locked box ou completion accounts, détermine la date à laquelle le pont est figé, ce qui peut avantager l'une ou l'autre partie selon l'évolution de la trésorerie entre signing et closing.

Pourquoi mélanger les deux valeurs produit des multiples absurdes

La règle de cohérence de Damodaran devient concrète dès qu'on l'applique à un cas précis. Une entreprise avec 10 000 000 € de valeur d'entreprise et 4 000 000 € de dette nette a une valeur des capitaux propres de 6 000 000 €. Rapporter la valeur d'entreprise de 10 000 000 € au résultat net, qui revient aux seuls actionnaires, surestime systématiquement le multiple obtenu, puisque le numérateur inclut une valeur qui ne revient pas qu'aux actionnaires tandis que le dénominateur ne mesure que leur part.

L'erreur inverse existe aussi : rapporter un prix par action, donc une valeur des capitaux propres, à l'EBITDA, un agrégat d'exploitation avant frais financiers qui profite à la fois aux actionnaires et aux créanciers, sous-estime le multiple réellement payé. Dans les deux cas, le chiffre obtenu n'est pas faux par le calcul, il est faux par la nature des grandeurs comparées.

Un cas particulier : la valeur d'entreprise négative

Le pont peut produire un résultat qui surprend : une valeur d'entreprise négative. Selon Aswath Damodaran, cela se produit lorsque la trésorerie et les valeurs mobilières de placement dépassent la somme des valeurs de marché de la dette et des capitaux propres.

« [Enterprise value is negative] when the cash and marketable securities exceed the cumulated market values of debt and equity. », Aswath Damodaran, NYU Stern, Enterprise Value is Negative… Is That Possible?

Une société cotée dont la valeur des capitaux propres est de 50 000 000 €, sans dette, mais qui détient 80 000 000 € de trésorerie au bilan, affiche une valeur d'entreprise de 50 000 000 + 0 − 80 000 000, soit −30 000 000 €. Le marché valorise alors son activité opérationnelle, hors trésorerie, à moins que zéro.

Damodaran rappelle que ce résultat n'offre pas pour autant un profit d'arbitrage garanti. La trésorerie nette au bilan peut omettre des engagements, par exemple la valeur actualisée de loyers de crédit-bail non comptabilisés en dette, provenir d'un état financier déjà ancien par rapport à la trésorerie réellement disponible, ou se révéler partiellement captive, bloquée dans une filiale étrangère et soumise à une fiscalité de rapatriement. Il conclut qu'il n'existe pas de profit d'arbitrage garanti dans ce type de situation.

Les 5 erreurs à éviter

Erreur 1 : rapporter un multiple de valeur d'entreprise à un résultat net

Le résultat net revient aux seuls actionnaires, après charges financières. Un multiple de valeur d'entreprise rapporté à cet agrégat surestime systématiquement la valorisation réelle.

Erreur 2 : oublier un élément assimilé à de la dette dans le pont

Un engagement de retraite sous-financé ou un crédit-bail capitalisé oubliés dans le pont gonflent artificiellement la valeur des capitaux propres annoncée.

Erreur 3 : valoriser les intérêts minoritaires à leur seule valeur comptable

La valeur comptable des intérêts minoritaires est une approximation, pas une mesure de leur valeur de marché réelle, en particulier si la filiale concernée a une rentabilité différente de la société mère.

Erreur 4 : ignorer l'effet de la date de référence du pont

Un pont figé par un locked box à une date antérieure au closing, sans mécanisme d'intérêt compensatoire, peut avantager une partie selon la génération de trésorerie entre les deux dates.

Erreur 5 : confondre prix négocié et valeur d'entreprise affichée

Le prix finalement payé porte sur les capitaux propres, pas sur la valeur d'entreprise annoncée en début de négociation. Présenter l'un pour l'autre crée une confusion coûteuse pour toutes les parties.

Cas 1 : cession d'une PME française avec engagement de retraite sous-financé

Une PME française est valorisée à 15 000 000 € de valeur d'entreprise lors d'une cession. Le pont retranche 3 000 000 € de dette financière nette, 500 000 € au titre d'un engagement de retraite sous-financé identifié en due diligence, et 200 000 € d'intérêts minoritaires dans une filiale commerciale détenue à 80 %. La valeur des capitaux propres ressort à 11 300 000 €, le prix effectivement payé par l'acquéreur pour les actions. Cet exemple est illustratif.

Cas 2 : groupe industriel suisse et pont négocié en completion accounts

Un groupe industriel suisse est valorisé à 28 000 000 CHF de valeur d'entreprise. Le pont retranche 6 000 000 CHF de dette financière nette, 1 200 000 CHF de crédit-bail capitalisé au titre des normes IFRS, et 800 000 CHF d'intérêts minoritaires dans une filiale de distribution. La valeur des capitaux propres ressort à 20 000 000 CHF. Les parties ont retenu un mécanisme de completion accounts, qui recalcule le pont à la date de closing plutôt que de le figer en amont. Cet exemple est illustratif.

Mot du dirigeant

« La confusion entre valeur d'entreprise et valeur des capitaux propres est la plus fréquente de toutes en évaluation. Elle coûte cher, parce qu'elle porte directement sur le prix affiché. », Aristide Ruot, fondateur d'Hectelion SA.
« Dans nos mandats, le pont entre les deux valeurs est documenté poste par poste, jamais présenté comme un chiffre global. C'est souvent là, pas dans la valeur d'entreprise elle-même, que se joue la négociation. », Aristide Ruot, fondateur d'Hectelion SA.

FAQ : les 10 questions essentielles sur la valeur d'entreprise et la valeur des capitaux propres

Introduction : ce qu'il faut retenir avant les questions

Les questions suivantes reprennent les points qui reviennent le plus souvent lors de la construction ou de la négociation d'un pont de valorisation.

Q1 : La valeur d'entreprise est-elle toujours supérieure à la valeur des capitaux propres ?

Non. Si la trésorerie disponible dépasse la dette financière et les éléments assimilés, la valeur des capitaux propres peut être supérieure à la valeur d'entreprise.

Q2 : Quel multiple utiliser avec la valeur d'entreprise ?

Un agrégat d'exploitation avant frais financiers, comme l'EBITDA ou l'EBIT, jamais un agrégat qui revient déjà aux seuls actionnaires.

Q3 : Pourquoi les intérêts minoritaires figurent-ils dans le pont ?

Parce que la valeur d'entreprise mesure l'ensemble du périmètre consolidé, y compris la part des filiales qui ne revient pas à la société mère.

Q4 : Un engagement de retraite est-il toujours un élément assimilé à de la dette ?

Seulement s'il est sous-financé. Un régime intégralement couvert par des actifs dédiés n'a en principe pas à être retranché une seconde fois.

Q5 : Le prix négocié porte-t-il sur la valeur d'entreprise ou sur la valeur des capitaux propres ?

Sur la valeur des capitaux propres. La valeur d'entreprise sert souvent de point de départ à la négociation, mais le prix par action payé est toujours une valeur de capitaux propres.

Q6 : Qu'est-ce qui différencie un locked box d'un completion accounts pour le pont ?

Le locked box fige le pont à une date antérieure au closing, tandis que les completion accounts le recalculent à la date effective de closing, ce qui change la répartition du risque de trésorerie entre les parties.

Q7 : La trésorerie doit-elle toujours être ajoutée en totalité ?

Seule la trésorerie réellement disponible pour les actionnaires doit être ajoutée. Une trésorerie opérationnelle nécessaire au fonctionnement courant de l'activité est parfois exclue du calcul.

Q8 : Comment valoriser des intérêts minoritaires plus précisément que leur valeur comptable ?

En appliquant à la quote-part minoritaire le même multiple ou la même méthode que celle retenue pour l'ensemble du groupe, plutôt qu'en reprenant leur valeur comptable telle quelle.

Q9 : Un multiple de valeur des capitaux propres peut-il être comparé entre deux entreprises différemment endettées ?

Non, pas directement. Deux entreprises à la même valeur d'entreprise mais à l'endettement différent auront des PER très différents, sans que cela reflète une différence de performance opérationnelle.

Q10 : Que faire en cas de désaccord sur un poste du pont ?

Documenter précisément le poste contesté, avec les pièces justificatives de la due diligence, plutôt que de l'absorber dans une négociation globale du prix.

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Conclusion : la valeur d'entreprise mesure l'activité, la valeur des capitaux propres mesure ce que vous touchez

Les deux valeurs répondent à deux questions distinctes. La valeur d'entreprise mesure ce que vaut l'activité économique, indépendamment de son financement. La valeur des capitaux propres mesure ce qui revient effectivement aux actionnaires, une fois la dette et les éléments assimilés réglés. Les confondre, ou mélanger leurs multiples associés, produit des chiffres qui semblent précis mais qui n'ont pas de sens.

Le pont qui relie les deux valeurs n'est pas un détail technique : c'est souvent l'endroit où se joue la négociation réelle d'une cession, bien plus que la valeur d'entreprise affichée en ouverture des discussions. Chaque poste, dette financière, trésorerie, éléments assimilés, intérêts minoritaires, mérite d'être documenté séparément.

Hectelion construit systématiquement ce pont poste par poste dans ses mandats d'évaluation et de due diligence, pour que le prix finalement négocié reflète la réalité du bilan, pas une approximation globale.

Synthèse de l'article

La valeur d'entreprise mesure la valeur de l'activité économique, avant financement. La valeur des capitaux propres mesure ce qui revient aux actionnaires, après dette financière et éléments assimilés. Le pont qui relie les deux retranche la dette, les éléments assimilés et les intérêts minoritaires, et ajoute la trésorerie disponible.

La règle de cohérence rappelée par Damodaran impose de toujours associer une valeur d'entreprise à un agrégat d'exploitation, et une valeur des capitaux propres à un agrégat qui revient aux seuls actionnaires. Mélanger les deux produit des multiples sans signification.

Le mécanisme de prix retenu, locked box ou completion accounts, détermine la date à laquelle ce pont est figé, ce qui peut avantager l'une ou l'autre partie selon l'évolution de la trésorerie entre signing et closing.

Sources

Auteur

Aristide Ruot, Ph.D.
Fondateur | Directeur Général, Hectelion SA